/news/world

Des militantes reconnues coupables d’avoir laissé de l’eau et de la nourriture pour des migrants

Agence QMI

Facebook: No More Deaths/No Más Muertes

Quatre bénévoles d’un groupe humanitaire de l’Arizona ont été reconnues coupables de délit pour avoir laissé de l’eau et de la nourriture à l’intention de migrants dans un refuge faunique national situé dans le désert.

La décision concernant les quatre femmes membres de No More Deaths, un groupe sous la responsabilité de l’Église unitarienne universaliste de Tucson, a été rendue par un juge fédéral, vendredi, à Tucson, peut-on lire sur la page Facebook du groupe.

Les quatre bénévoles Natalie Hoffman, Oona Holcomb, Madeline Huse et Zaachila Orozco, étaient accusées d’avoir accédé au refuge faunique Cabeza Prieta sans permis et d’y avoir abandonné des biens, soit de l’eau et de la nourriture, destinés à des migrants tentant de passer du Mexique aux États-Unis.

Mme Hoffman a aussi été reconnue coupable d’avoir conduit un véhicule automobile dans une zone sauvage.

Selon No More Deaths, les quatre femmes risquent jusqu’à six mois d’emprisonnement pour chacun des chefs d’accusation pour lesquels elles ont été reconnues coupables et une amende pouvant aller jusqu’à 500 $.

Elles connaitront leurs sentences d’ici 10 jours.

Dans sa décision, le juge Bernardo Velasco a noté que le refuge faunique est «plein de munitions militaires non explosées, de débris et matières [...] interdits aux États-Unis et [qu’il y a] beaucoup de circulation de véhicules [...] de la patrouille des frontières», a mentionné No More Deaths. Le juge a aussi indiqué que les litres d’eau et les vivres laissés sur place par les accusées «affaiblissent la décision nationale de maintenir le refuge dans son état naturel d’origine».

«Ce verdict interpelle non seulement les bénévoles de No More Deaths, mais également les gens de conscience à travers le pays, a écrit sur la page Facebook de No More Deaths Catherine Gaffney, une bénévole de longue date du groupe. Si donner de l'eau à quelqu'un qui meurt de soif est illégal, quelle humanité reste-t-il dans la loi de ce pays?»

Les quatre femmes faisaient partie de neuf membres de No More Deaths accusés d’avoir voulu aider des migrants dans une zone du sud de l’Arizona où au moins 155 étrangers auraient perdu la vie en essayant d’entrer en sol américain depuis 2001, a expliqué l’organisation sur Facebook.

Le procès des autres doit commencer le 26 février prochain, ainsi qu’en mai pour ce qui est de Scott Warren, un militant également accusé d’avoir hébergé deux immigrants illégaux. Selon KGUN, un média de Tucson, il risque 20 ans de prison s’il est reconnu coupable.

Dans la même catégorie