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Val d’Isère: skier au coeur de l’immensité

Alexis de Gheldere

La blancheur des flancs de montagne, pareille à un rideau étalé à l’infini, donne une impression lunaire. Est-ce bien un centre de ski? Ça prendrait une loupe pour bien voir les imperceptibles petits fils métalliques posés sur une douzaine de montagnes, sur lesquels sont accrochées des chaises avec des milliers d’êtres humains chaussés de bottes rigides, elles-mêmes fixées à de longues planches multicolores. Bienvenue à Val d’Isère, dans les Alpes françaises, là où la démesure est la règle.

Entre le Pays Désert, sur le Glacier du Pissaillas, et l’Aiguille Percée, avec sa longue corniche qui descend jusqu’au village de Tignes, il y a, à la station Val d’Isère, 300 kilomètres de pistes desservies par 78 remonte-pentes.

En plein centre du domaine skiable, on trouve la Grande Motte, le plus haut point accessible par remontée mécanique, à une altitude de 3456 mètres. Ici, c’est suffisamment haut pour avoir à prendre davantage son temps, respirer longuement et s’hydrater davantage. En fait, c’est 60 % de Val d’Isère qui culmine à plus de 2200 mètres d’altitude, dans cette infinie et vertigineuse blancheur qui ravit le regard où qu’il se porte.

Débutants bienvenus

Val d’Isère est réputé pour son offre de zones débutantes pour apprentis (petits et grand) à haute altitude. Ceci permet d’expérimenter la haute montagne, souvent réservée aux intermédiaires et aux experts, sans rester aux bas des pentes. À ce titre, la zone de la Solaise, à 2560 mètres d’altitude et accessible par la télécabine du même nom, ainsi que celle du plateau de Lognan, du côté de Tignes, sont des incontournables pour ceux qui en sont à leurs premiers virages. Un billet de ski exclusif et à tarif réduit est proposé pour le secteur de la Solaise.

Pour les autres, vous aurez l’embarras du choix dans vos explorations, ce qui n’est pas peu dire à l’échelle de Val d’Isère. Pour mieux comprendre, dites-vous que les 400 acres skiables du Massif de Charlevoix (une des plus grandes montagnes de ski au Québec) entrent plus de 60 fois dans les 25 000 acres du domaine skiable de Val d’Isère. Une telle démesure est dure à comprendre, même sur place.

Skier toute une éternité

On peut très bien se «contenter» de parcourir uniquement l’extrémité orientale du domaine, dans le Pays Désert, sur le Glacier du Pissaillas et sur les Grands Vallons, à un jet de pierre de la frontière italienne. On peut passer des journées entières à explorer de nouvelles lignes et à trouver de la poudreuse plusieurs jours après la dernière tempête, dans cette zone énorme, époustouflante, et qui pourtant ne représente que 10 % du territoire skiable accessible à Val d’Isère.

À elle seule, cette «petite» partie du centre de ski compte une dizaine de remontées mécaniques, incluant la chaise quadruple des Leissieres. Celle-ci monte à l’assaut de la crête du même nom, avant de redescendre de l’autre côté, unissant les vallées du Fornet et de Laisinant.

Le ski s’expérimente d’une manière jamais vue à Val d’Isère, à une échelle où la démesure domine. Car pour accéder à ces paysages grandioses et à ces pistes magiques, il y a deux espèces de métro ou trains, qu’on appelle ici des funiculaires. On enlève nos skis et on embarque dans les wagons. Les portes se referment et on monte à l’assaut de la montagne (et au travers du roc) pendant quelques minutes. Prochaine station, le Rocher de Bellevarde ou le pied de la Grande Motte, à près de 3000 mètres d’altitude. Disons que ça change de Berri-UQAM!

Expérience unique

Vous arrivez au bas des pentes et n’avez plus la force de remonter pour retourner à l’autre bout de la montagne où se trouve votre hôtel? Pas de problème, un réseau d’autobus gratuit relie entre elles les différents villages de montagnes au bas du domaine skiable.

Mais avant de descendre, soyez certains de terminer votre journée, ne serait-ce que quelques minutes (mais pourquoi pas davantage!) à La Folie Douce, ce restaurant qui devient une scène endiablée en fin de journée. Sur fond de gros «beats», de performance de DJ et de musiciens, et avec chance de gros flocons qui tombent, des centaines de skieurs en bottes et habits de neige boivent un coup et secouent les hanches dans une atmosphère endiablée, semblable à un «rave» extérieur ou à l’Igloofest au Vieux-Port de Montréal, mais en pleine montagne, au sommet du téléphérique de la Daille, au cœur des Alpes. Du bonbon.

Ce n’est pas compliqué, deux ou trois journées passées à Val d’Isère mènent à la conclusion suivante: on pourrait venir ici une semaine par année, pendant le restant de nos jours, et on commencerait (peut-être) à saisir l’envergure de la patente.

Infos pratiques

- Avion Montréal-Lyon: vols directs Air Canada: environ 800 $

- Billet de ski adulte valable pour six jours: 400 $

- Hébergement: de 75 $ à 1000 $ par jour

- Saison: la station ouvre ses portes jusqu’au 19 mai 2019

- Forfaits tout compris: www.voyagesgendron.com

- Infos générales: www.valdisere.com

Ce voyage a été rendu possible grâce à Voyages Gendron et Ski Raccoon