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Un élève du primaire tente d'étrangler sa prof

Daphnée Dion-Viens | Le Journal de Montréal

Une enseignante d'une classe pour élèves en difficulté s'est déjà fait étrangler par un enfant alors qu'elle tentait d'intervenir auprès de lui.    

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Cette prof de la région de l'Estrie raconte qu'il y a quelques années, un élève du primaire en crise l'a étouffée en tirant très fort sur son col de chemise alors qu'elle tentait de l'amener dans un autre local pour le calmer.    

«J'ai eu un sentiment d'étouffement pendant quelques minutes. Il a fallu qu'un intervenant vienne pour retirer le jeune de sur moi. Ç'a été un peu traumatisant.» Pour cette enseignante en adaptation scolaire au primaire, la violence fait partie du quotidien. Elle raconte s'être fait cracher au visage et lancer des objets, en plus d'avoir reçu de nombreux coups.    

«Des actes de violence physique, je dirais qu'il y en a une fois aux deux semaines environ. La violence verbale, c'est presque aux deux jours, ça devient banal.»    

Coup de poing au visage    

Depuis le début de l'année, elle s'est notamment fait tirer les cheveux par un élève qu'elle voulait aussi amener au local de retrait. Elle a également reçu un coup de poing en plein visage. «Je me suis penchée vers lui pour lui parler, je ne l'ai pas senti venir», raconte-t-elle.    

Même s'il s'agissait cette fois-ci d'un geste délibéré, les coups surviennent généralement lorsqu'un enfant se désorganise. «À chaque fois qu'il y a une crise, c'est presque certain qu'on a un coup», affirme-t-elle.    

Malgré ces évènements, elle n'a jamais fait de réclamation à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail, puisque les gestes commis n'ont pas mené à un arrêt de travail.    

Après plusieurs années d'expérience en adaptation scolaire, cette enseignante constate une augmentation de la violence physique à l'école. Elle affirme que le manque de services est criant, en particulier dans les classes spécialisées. «Il n'y a pas grand-monde pour nous aider. On manque de ressources», explique-t-elle.