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L’ambassadeur canadien en Chine regrette ses propos

L'ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, a dit regretter jeudi ses propos tenus la veille, dans lesquels il affirmait que la directrice financière de Huawei arrêtée au Canada à la demande de Washington avait «un dossier très solide» pour contester son extradition vers les États-Unis.

Haute dirigeante du géant chinois des télécoms et fille du fondateur du groupe, Meng Wanzhou a été arrêtée le 1er décembre à Vancouver à la demande de la justice américaine, qui l'accuse d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran.

Son interpellation a déclenché une crise diplomatique sans précédent entre Ottawa et Pékin.

«Je suis désolé que mes propos ayant trait aux procédures judiciaires concernant Mme Meng aient semé la confusion. Je me suis mal exprimé», a écrit M. McCallum dans une déclaration diffusée par le ministère canadien des Affaires étrangères.

«Ils ne reflètent pas fidèlement ma position sur la question. Comme le gouvernement l'a toujours dit clairement, il n'y a eu aucune intervention politique dans ce dossier», a-t-il ajouté.

«En tant qu'ambassadeur du Canada en Chine, je n'ai aucun rôle à jouer dans l'évaluation des arguments, ni à me prononcer sur le processus d'extradition», a également reconnu l'ambassadeur.

En liberté surveillée depuis début décembre à Vancouver, où elle possède deux luxueuses demeures, Meng Wanzhou doit comparaître devant un juge canadien le 6 février pour une première audience dans le cadre de la procédure d'extradition lancée par les États-Unis.

Washington a confirmé qu'une demande formelle d'extradition serait déposée avant la date limite du 30 janvier.

S'exprimant devant des journalistes chinois près de Toronto, M. McCallum avait déclaré mercredi que la défense de la dirigeante chinoise disposait d'«un dossier très solide» pouvant s'articuler sur trois points.

Il avait notamment évoqué «l'implication politique de Donald Trump» dans le dossier.

Après l'arrestation de Meng Wanzhou, le président américain a laissé entendre que Washington pourrait décider d'intervenir dans cette affaire afin de préserver les négociations commerciales avec la Chine, jetant le doute sur l'indépendance de cette procédure judiciaire.

Les propos de l'ambassadeur ont fait bondir le chef de l'opposition au Parlement d'Ottawa, le conservateur Andrew Scheer, qui a appelé au congédiement du diplomate.

Jeudi, le premier ministre Justin Trudeau s'est abstenu de critiquer M. McCallum, insistant sur le fait qu'un rappel de l'ambassadeur ne changerait rien à la réalité de deux Canadiens arrêtés par la Chine depuis l'interpellation de la dirigeante de Huawei, ni à celle d'un troisième, condamné à mort.

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