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Quoi faire pour mieux vivre l’hiver à Montréal

Sarah Daoust-Braun | Agence QMI

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Surélever les passages piétons, augmenter le nombre de patinoires réfrigérées, permettre l’aménagement de terrasses, ajouter plus de conifères: ce sont quelques-unes des 61 stratégies mises de l’avant dans «Ville d’hiver», un nouveau guide pour mieux vivre la saison hivernale à Montréal.

Le collectif Vivre en ville a publié jeudi ce guide pour aider la métropole, les spécialistes en aménagement et les citoyens à s’adapter aux réalités de la saison froide à Montréal. Une ville «mouillée» marquée par un hiver froid, court, enneigé, plutôt lumineux et «ponctué de redoux fréquents».

Ce document s’inscrit dans le cadre du nouveau Laboratoire de l’hiver, une initiative lancée par le collectif avec les organismes La Pépinière|Espaces collectifs et Rues principales.

«C’est une mise en commun des efforts et c’est pour publiciser le fait que c’est le temps d’agir, qu’on arrête de parler qu’il faut mieux s’adapter à l’hiver et célébrer notre hivernité, mais qu’on arrive avec un plan de match plus solide qui va avoir des impacts sur la qualité de vie des Montréalais», a expliqué Olivier Legault, conseiller en aménagement et urbanisme pour Vivre en ville et auteur du guide.

La mairesse de Montréal Valérie Plante a d’ailleurs salué l’initiative. «Ce laboratoire permet le partage d’idées et l’expérimentation, et encourage tous les Montréalais et Montréalaises à s’approprier leur milieu de vie lors des mois d’hiver», a-t-elle souligné par voie de communiqué.

Vaincre la sloche

Pour inciter les Montréalais à s’amuser dehors et être plus résilients face à l’hiver, la guide «Ville d’hiver» oriente ses nombreuses stratégies sur le confort, les loisirs, les paysages et les accès.

Parmi celles-ci, on suggère de «minimiser la présence de la sloche», un mélange d’eau, de glace et de sels qui a causé jeudi bien des maux de tête aux piétons. «C’est quelque chose auquel on va être confronté de plus en plus, avec plus de redoux et d’incertitude climatique», a noté Olivier Legault.

Pour y arriver, on propose entre autres d’aménager davantage de saillies de trottoirs et de mettre en place des passages piétons ou des intersections surélevés pour éviter les flaques d’eau gênantes. Aussi, l’entretien des puisards devrait être priorisé sur les artères avec un important achalandage piéton, comme la rue Sainte-Catherine, pour éviter qu’ils bloquent.

Le guide conseille aussi de «déneiger moins, mais mieux» en piétonnisant par exemple des tronçons de rue pour y entasser la neige et créer ainsi un lieu commun pour le voisinage.

Rétrécir les voies pour les voitures fait aussi partie des pistes de solution. «Des fois on a des rues trop larges pour rien. Si on additionne les excédents d’espace qu’on n'a pas besoin de déneiger, à la place on pourrait les verdir ou créer des zones tampons où on laisse le mobilier en place. À la fin de l’année, ça économise pas mal de camions de neige», a indiqué Olivier Legault.

D’autres stratégies

Le guide suggère aussi de limiter les corridors de vents en mettant en place davantage de mesures «pour assurer le confort» aux arrêts de bus touchés par les axes de vents dominants sur l’île, comme le boulevard René-Lévesque.

Des conifères devraient aussi être ajoutés aux lieux publics pour améliorer le paysage, mais aussi la diffusion du vent.

On favorise également la pratique du vélo d’hiver, de la glissade, les installations lumineuses et on propose d’autoriser «certains commerçants d’aménager des terrasses et des placottoirs» toute l’année.