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Registre des armes à feu: des trous dans la loi

Geneviève Lajoie | Agence QMI

La loi instituant le registre des armes à feu est remplie de trous, selon le militant pro-armes Guy Morin.   

«Vous allez voir dans les prochaines semaines, les prochains mois, ce qui va se passer. Présentement, la loi est tellement mal faite qu’il y a plein de façons de contourner la loi sans aucun problème», lance le porte-parole du collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.   

M. Morin est énigmatique quand vient le temps de préciser ses intentions quant à l’immatriculation de ses propres armes.   

«J'ai des armes restreintes qui sont enregistrées depuis 1933, précise-t-il. Mais je n’enregistrerai pas d’arme (d'épaule) au registre parce que je n’ai pas d’armes qui vont m’appartenir sur le territoire du Québec. La loi s’adresse aux propriétaires du Québec, donc les résidents du Québec doivent obligatoirement les enregistrer, mais si tu n’as pas d’arme qui t’appartient sur le territoire du Québec, tu n’as pas d’arme à enregistrer. Mes armes peuvent être sur un territoire autre que le territoire du Québec».   

Entreposer ses armes ailleurs   

Vérification faite auprès du ministère de la Sécurité publique, un Québécois qui entrepose ses armes à l’extérieur de la province ne contrevient pas à la loi.   

«C’est la présence de l’arme sur le territoire du Québec qui fait qu’elle doit être immatriculée, si elle n’est pas au Québec, pas besoin d’être immatriculée», convient le porte-parole de la ministre Geneviève Guilbault.   

Un coup d’épée dans l’eau   

Selon Guy Morin, les assouplissements au registre des armes à feu annoncés en grande pompe par le gouvernement Legault mercredi ne serviront à rien.   

«Tant qu’à moi, c’est un coup d’épée dans l’eau, insiste-t-il. Ceux qui disent qu’ils ne veulent pas enregistrer (leurs armes), ça ne les dérange pas pantoute, ils ne les enregistreront pas plus. Ceux qui disent qu’ils enregistrent (leurs armes), ils vont juste enregistrer quand même juste les armes dont ils se servent le plus souvent et n’enregistreront pas les autres».   

Attendre à la dernière minute   

Pas question pour Guy Morin d’inciter les propriétaires de carabines et de fusils non restreints à contrevenir à la loi. Le seul mot d’ordre à l’intention des chasseurs qui souhaitent enregistrer leurs armes est «d’attendre à la dernière minute pour le faire», question de mettre le maximum de pression sur le gouvernement.   

«À partir du 29 janvier, ça sera leur choix à eux. Mais si on regarde le monde qui nous parle, je pense qu’il n’y a pas grand monde qui ont l’air d’avoir peur des amendes», a-t-il ajouté.   

Le grand patron de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, a précisé mercredi que les policiers n’avaient pas l’intention de traquer les retardataires. Des propos qui n’ont pas échappé au porte-parole du collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu.   

«Il faut qu’ils te pognent avec l’arme, donc quelqu’un par exemple qui irait à la chasse juste au mois d’octobre l’année prochaine, il n’a pas grand chance de se faire prendre et d’avoir une amende. Nous, ce qu’on pense, c’est que le gouvernement ne veut pas donner d’amende parce que c’est sûr que la première amende qui va être donnée, elle va être contestée en cour.»   

Notons qu'une personne qui n'aura pas immatriculé ses armes d'épaule au 29 janvier est passible d'une amende pouvant atteindre 5000 $ en vertu de la loi.

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