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Cyberprédateur condamné à 20 ans sans Facebook

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

Un cyberprédateur des Laurentides condamné hier à près de sept ans de pénitencier s’est fait interdire d’utiliser les réseaux sociaux pendant les 20 années qui suivront sa libération.

Simon Drouin sera à l’aube de la soixantaine lorsqu’il pourra de nouveau naviguer sur des sites de rencontres comme Badoo ou avoir un profil Facebook.

L’homme de 34 ans a écopé hier d’une peine de six ans et dix mois de détention pour avoir leurré plus de 70 adolescents derrière le clavier de son ordinateur.

À la demande de Me Caroline Lafleur, de la Couronne, le juge Michel Bellehumeur a aussi rendu une ordonnance restreignant l’accès de l’accusé à internet pendant 20 ans.

Selon le Code criminel, cette mesure prendra effet dès que Drouin sortira de prison, soit dans le cadre d’une libération conditionnelle ou d’une libération d’office.

Le cyberprédateur utilisait justement les réseaux sociaux et des sites de rencontres pour traquer des garçons de 13 à 17 ans.

Entre 2010 et 2015, il a eu de nombreuses conversations à caractère sexuel avec des jeunes à partir de son domicile d’Arundel.

À quelques occasions, Drouin a demandé à ses interlocuteurs de les rencontrer pour avoir des contacts intimes.

Un ado a refusé, un autre a donné une fausse adresse au pédophile, qui s’est masturbé devant lui en utilisant sa webcaméra.

À l’automne 2014, un garçon de 13 ans a dénoncé le cyberprédateur à la police de Saint-Jérôme, qui a demandé l’aide de la Sûreté du Québec pour piéger le fautif.

Attouchements

Avant qu’il ne soit arrêté par les autorités en février 2016, Drouin a néanmoins réussi à rencontrer un ado de 15 ans à plusieurs reprises. Les deux hommes ayant plus de 15 ans d’écart se sont mutuellement fait des fellations.

Un autre jeune a vu l’accusé à son domicile. Drouin l’a forcé des contacts non désirés et s’est masturbé pendant que la victime dormait.

Les enquêteurs ont découvert l’ampleur des crimes du trentenaire en fouillant son ordinateur et son cellulaire, ce qui a mené à une panoplie d’accusations supplémentaires en 2018.

Drouin a plaidé coupable l’été dernier à des chefs de leurre informatique, d’incitation et de contacts sexuels, d’avoir rendu du matériel sexuellement explicite accessible à un mineur et de production de pornographie juvénile.

Thérapie

«Monsieur veut faire une thérapie, il commence vraiment sa réhabilitation de façon sérieuse», a mentionné hier au tribunal son avocat, Marc Labelle.

Au terme de sa détention, il lui sera interdit de se trouver dans des parcs et des lieux publics où il pourrait y avoir des enfants, et ce pendant 20 ans. Celui dont le nom a été inscrit à vie au registre des délinquants sexuels ne pourra pas non plus obtenir d’emploi le mettant en situation d’autorité envers des mineurs.

– Avec Christian Plouffe

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