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David Prince | Agence QMI

Mario Therrien travaille à la mine Canadian Royalties.

Gracieuseté

Mario Therrien travaille à la mine Canadian Royalties.

Des conjoints de l’Abitibi ont déménagé au Costa Rica depuis que l’un deux s’est trouvé un emploi dans une mine du Nunavik, avec un horaire de travail en rotation qui lui permet de passer six mois par année dans le sud.

Mario Therrien, 52 ans, et sa conjointe Annie Corbeil, 51 ans, sont conscients d’avoir une vie qui peut en faire rêver plusieurs dans la grisaille de l’hiver.

14 jours dans le Grand Nord et 14 jours à Cuba

Ils adorent leur horaire «flyé»

Ils ont déménagé au Costa Rica en 2016, six mois après que M. Therrien a trouvé un emploi à la mine de nickel Canadian Royalties, à l’extrême nord du Québec, où il est superviseur des opérations.

M. Therrien travaille 21 jours d’affilée, 12 heures par jour. Mais cet horaire exigeant lui permet par la suite d’avoir trois semaines de congé.

Il en profite alors pour pêcher le thon jaune dans le Pacifique ou pour marcher dans la forêt tropicale.

«La nature au Costa Rica est vraiment incroyable. Quand tu viens de l’Abitibi, ça te prend ça !», lance Mme Corbeil.

Une grande villa

Le couple est en train de construire une grande villa à Ojochal, sur la côte du Pacifique. Ils ont l’intention de la vendre et de bâtir une autre maison plus petite par la suite.

«Ce serait impossible de vivre tout ça sans l’horaire du fly-in/fly-out. On voulait passer notre retraite dans le sud, mais ça nous a permis de devancer notre projet», explique Mme Corbeil, qui habite au Costa Rica toute l’année. Elle a lancé avec un associé une entreprise pour entretenir et louer des maisons qui appartiennent à d’autres Québécois.

Il faut dire que le couple n’en est pas à sa première expérience du genre. En 2011, il a vendu tous ses biens au Québec pour aller vivre pendant quatre ans en Nouvelle-Calédonie, dans le Pacifique Sud. M. Therrien travaillait aussi dans une mine.

«Quand on est revenu au Québec en 2015, j’ai eu beaucoup de difficulté à me réadapter. On n’était plus sur la pression de performer et de vouloir accumuler toujours plus de biens. Quand t’as réussi à te dire que tu n’as pas besoin de tout ça pour être heureux, c’est difficile de revenir», confie Mme Corbeil.

Les horaires ne sont pas toujours reposants pour M. Therrien, surtout lorsqu’il complète ses 21 jours de suite à travailler de nuit.

«Il doit parfois passer plus d’une journée en avion et en transit avant d’arriver à la maison. Ça lui prend souvent deux ou trois jours pour revenir en pleine forme», dit Mme Corbeil.

De -40 à 35 °C

N’empêche que M. Therrien n’échangerait sa vie pour rien au monde, d’autant plus que ça lui coûte peu pour vivre. Pendant ses trois semaines dans le nord, il est logé et nourri, en plus de recevoir un salaire très intéressant.

Il achète ses billets d’avion Montréal-Costa Rica trois à quatre mois à l’avance, ce qui lui permet d’obtenir des tarifs avantageux. Celui qui descend d’un appareil de la compagnie dans la métropole québécoise a déjà trouvé des billets aller-retour à 325 $.

«Si j’avais un emploi normal au Québec, ça me coûterait ça en essence pendant trois semaines juste pour aller travailler. Là, je n’ai même pas à gratter ma voiture quand il fait froid le matin», dit-il.

M. Therrien se rappelle qu’en février dernier, il est parti de la mine alors qu’il faisait -40 degrés Celsius. Quand il est arrivé au Costa Rica, le mercure affichait 35 °C. «J’avais besoin de boire beaucoup d’eau», se rappelle-t-il.