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Infirmière nordique et globe-trotteuse

Kathryne Lamontagne | Agence QMI 

Courtoisie

Une virée sur un voilier dans les îles de la Croatie, un festival de musique en Corse, du surf à Bali, une semaine de ski en Autriche : la vie est belle pour l’infirmière Julie Poitras, qui partage son temps entre le Nord-du-Québec... et le reste de la planète.

Contrairement à plusieurs travailleurs nordiques, Mme Poitras n’a pas de contrat fixe. Elle passe généralement trois à six semaines d’affilée dans le Nord, en fonction des besoins sur place, puis tombe en congé.

«Au final, je travaille l’équivalent d’environ six mois par année. Donc, il me reste six mois par année pour voyager», lance la jeune femme de 28 ans en riant.

La jeune femme originaire de Trois-Rivières a rapidement su qu’elle souhaitait travailler en relation d’aide.

L’aventure l’appelle

Baccalauréat en sciences infirmières en poche, elle déménage à Québec et se met au boulot. Mais rapidement l’aventure l’appelle.

«Ça faisait deux ans que je travaillais comme infirmière au CHU de Québec. Déjà, je trouvais que j’avais une petite vie routinière. Je travaillais une fin de semaine sur deux, de jour. Je me levais, j’allais travailler, je revenais me coucher. J’avais 23 ou 24 ans et j’avais envie de voyager. J’ai lâché mon travail et je suis partie trois mois au Nicaragua», relate-t-elle.

Avant de s’envoler, toutefois, elle postule pour différents postes dans le Nord-du-Québec.

Quelques semaines plus tard, alors qu’elle se trouve toujours en voyage, le téléphone sonne. C’est l’agence Bayshore, qui envoie notamment des infirmières un peu partout dans les établissements du Nord-du-Québec, qui la contacte.

Auberge de jeunesse

«Je prenais un café dans une auberge de jeunesse, ils m’ont appelée et m’ont passée en entrevue. J’ai eu la job ! Je suis revenue du Nicaragua, et deux semaines plus tard, je commençais ma formation.»

Depuis, Mme Poitras enfile les semaines de boulot dans différents établissements de santé des villages de la baie d’Ungava et de la baie d’Hudson.

«Je travaille dans des dispensaires, c’est un peu comme des CLSC, mais au Nord. Certains ont des médecins, d’autres pas. Nous [les infirmières], on gère tout ce qui est première ligne», explique-t-elle.

En deux ans, elle a visité Amsterdam, la Croatie, la Sicile, l’Autriche, la Suisse, Berlin, la Pologne, la Corse et la France, en plus de passer un mois au Mexique et à Bali.

«Je n’ai pas eu d’appartement au Québec pendant un an. Je dormais chez des amies deux ou trois jours, puis je repartais en voyage. J’ai eu un appartement à Montréal à un moment donné. J’ai dû dormir là 20 fois au maximum.»

Mme Poitras a aujourd’hui un copain, un travailleur social qu’elle a rencontré dans le Nord. Ils ont emménagé en novembre dans un appartement, à Québec.

Son premier vrai pied-à-terre.

«Après deux ans de voyage, tranquillement pas vite, j’essaie de me stabiliser et de m’adapter à la réalité de mes amies qui sont enceintes, versus moi qui ne suis jamais là et qui voyage !»

Pas trop vite, quand même. L’infirmière repart en Europe trois semaines, en mars, question de faire du ski dans les Alpes françaises en plus de prendre part à la première présentation hivernale du festival électro Tomorrow Land.

«Je vais aussi aller à Paris, avant», assure-t-elle. Rien de moins.

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