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«Les quilles sont en difficulté majeure au Québec»

Francis Halin | Agence QMI 

Stevens Leblanc / Journal de Québec

Un propriétaire de salon de quilles transformé en centre récréatif en veut à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) qui l’étouffe avec ses permis qui coûtent des milliers de dollars.

«Chaque année, je reçois des factures du gouvernement, et la gorge me serre. Je remets en question le goût de continuer même si je suis encore passionné», confie Christian Toulouse, propriétaire du Centre DiXtrAction, à Saint-Georges de Beauce.

En 25 ans, M. Toulouse a dû apprendre à vivre avec la montagne de tarifs imposés par le gouvernement : 115 $ par allée de quilles, 115 $ par table de billard, 343 $ par arcade... «En affaires, on est un peuple harcelé par notre gouvernement», déplore-t-il.

Pour s’en sortir, il a transformé son salon de quilles en centre récréatif ultramoderne avec un parc de divertissements et une salle de jeu laser... et des jeux d’arcades gratuits.

«Juste avec mes 44 arcades à 343 $, ça me coûtait plus de 15 000 $ par année, alors j’ai choisi de mettre tout ça gratuit pour ne pas avoir à payer cette facture-là au gouvernement», dit-il.

Aujourd’hui, sa PME est en bonne santé. Son chiffre d’affaires dépasse le million de dollars.

Il estime que les salons de quilles qui ne prennent pas le virage récréatif comme lui sont voués à disparaître.

«Les quilles sont en difficulté majeure au Québec», regrette l’homme passionné des quilles.

Fermetures en série

Une triste réalité que connaît bien l’ex-directeur général Salons de quilles associés du Québec (SQAQ), Yves Larocque.

«Depuis l’an 2000, il y a trois, quatre ou cinq salons de quilles qui ferment par année», souligne-t-il.

M. Larocque rappelle que les propriétaires de salons de quilles ont tout fait pour abolir les frais imposés par le gouvernement.

«Dans les années 1990, l’association a embauché un avocat pour réviser la situation, mais ça n’a abouti à rien», explique-t-il.

Mais il pense aussi que les propriétaires sont en partie responsables de leur malheur parce qu’ils n’ont pas été vraiment capables de se serrer les coudes quand il le fallait.

«Si on avait eu plus de salons membres à l’association, on aurait pu se payer d’autres publicités, des avocats, ou même continuer d’être à la télévision comme avant», regrette l’homme qui a porté l’association à bout de bras avant qu’elle disparaisse pour de bon.

Ouverture

Une bonne nouvelle pourrait cependant aider bientôt les propriétaires de salons de quilles qui ont marqué l’identité des villages du Québec.

Jointe par «Le Journal», la porte-parole de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), Joyce Tremblay, a dit réviser en ce moment ses lois et règlements.

«On va voir s’il y a lieu d’assouplir le fardeau des entrepreneurs», a-t-elle affirmé.

Mme Tremblay rappelle que son organisation a simplifié la réglementation concernant l’alcool. Sans faire de promesses, elle ajoute que son équipe a la volonté de revoir certaines règles.

«On est allé de l’avant avec l’alcool, alors on va voir ce qu’il y a à faire avec le jeu», a-t-elle conclu, consciente du mécontentement.