/news/society

Des familles de victimes réclament un «processus réparateur»

Agence QMI 

Huit familles représentant neuf enfants qui ont été victimes d'intimidation au Séminaire des Pères-Maristes et à l'Académie des Sacrés-Cœurs, situés respectivement à Québec et à Saint-Bruno-de-Montarville, réclament l'instauration d'un «processus réparateur».

Dans une lettre adressée au ministre de l'Éducation obtenue par le «Journal de Québec», les familles sollicitent une rencontre avec Jean-François Roberge. «Nous demandons à vous rencontrer pour mettre en œuvre un processus réparateur avec des solutions concrètes pour les enfants, et ce, afin que le message éducatif positif soit rétabli», peut-on lire dans la lettre.

À lire aussi: «J'ai l'impression que l'école n'a pas bien protégé nos filles»

Selon les familles, les victimes ont besoin d'«entendre que ce n’était pas de leur faute et que leurs multiples demandes d’aide auraient dû être entendues en temps et lieu».

Photos intimes et harcèlement

Au Séminaire des Pères-Maristes, des adolescentes s'étaient retrouvées intimidées par des garçons qui avaient obtenu d'elles des photos intimes, qui avaient ensuite été partagées. Cinq élèves de cet établissement privé du secondaire ont été formellement accusés pour avoir distribué ces photos.

Du côté de l'Académie des Sacrés-Cœurs, une école primaire privée, des enfants se sont fait intimider au cours de leur parcours scolaire. Une jeune femme aujourd'hui âgée de 18 ans, Lauranne, avait même raconté à TVA Nouvelles avoir fait plusieurs tentatives de suicide, dont une à 9 ans.

 

Prévention et guérison

Les parents qui ont décidé d'interpeller le ministre Roberge estiment que sa volonté affichée de renforcer la Loi sur l'enseignement privé afin de donner plus d'outils aux écoles pour gérer les cas d'intimidation est un pas dans la bonne direction. «Cependant, ces futurs ajouts, pour vous assurer que d’autres enfants ne subissent pas ce que nos enfants ont subi, ne pourront pas réparer les doubles messages auxquels ils ont été confrontés (dénoncer en vain) et l’inaction des adultes dont ils ont aussi été victimes», ont-ils déploré.

Le processus réparateur réclamé par les familles «permettr[ait] à nos enfants de solidifier leur estime d’eux-mêmes et de retrouver confiance dans les institutions», ont-elles cependant avancé.

Un rapport commandé par le ministre Roberge en décembre et dévoilé à la fin janvier a fait état de «lacunes» dans la gestion du scandale des photos intimes au Séminaire des Pères-Maristes.

«Le Séminaire était peu outillé pour réagir promptement et adéquatement à une telle situation», ont notamment jugé les auteurs du rapport, en dénonçant «les incohérences du conseil d’administration et de la direction générale [qui] ont miné la crédibilité du Séminaire».

Dans la même catégorie