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Il prolonge sa carrière grâce au fly-in/fly-out

Magalie Lapointe | Journal de Montréal

Un mécanicien qui a carburé aux heures supplémentaires pendant 40 ans aura finalement travaillé 10 ans de plus grâce à l’horaire atypique du fly-in/fly-out auquel il a souscrit en fin de carrière.

Gaston Simard a 63 ans. Il a commencé sa carrière de mécanicien à 16 ans. Déjà à cet âge, il travaillait fort, acceptant régulièrement de faire des heures supplémentaires.

À 56 ans, son corps n’en pouvait plus de ce rythme de vie effréné. En plus des semaines de travail de plus de 80 heures, le mécanicien qui a travaillé à Fermont et à Port-Cartier retournait dans sa famille, à Lévis, presque tous les week-ends.

Lors de ses déplacements, il conduisait près de 2000 kilomètres en trois jours.

«Je m’achetais une nouvelle voiture aux trois ans. La meilleure voiture que j’ai eue pour voyager dans la gravelle, c’était une Cadillac», dit-il en riant.

L’occasion de travailler sur un horaire condensé de fly-in/fly-out s’est présentée au moment où il pensait prendre sa retraite.

À la mine

Un jour, il a vu qu’il était éligible pour un poste de camionneur pour la même compagnie (ArcelorMittal), mais sur le site de la mine de Mont-Wright, à Fermont.

Maintenant, il travaille 14 jours (ou 14 nuits) comme camionneur et retourne en avion chez lui pour 14 jours.

Pour lui, l’horaire en rotation est beaucoup moins exigeant que son ancien horaire traditionnel de cinq jours de travail et deux jours de congé. C’est ainsi qu’il a pu prolonger sa présence sur le marché du travail.

«Le FIFO [fly-in/fly-out] est beaucoup plus payant. En plus, la seule tâche que je dois faire, c’est mon lavage ! Comme ma femme n’est pas ici avec moi, je mets tout ensemble! Le blanc, les couleurs, mes serviettes, et après je mets le tout dans la sécheuse, raconte-t-il en rigolant. Lorsque mes chemises rapetissent, je dis à ma femme que j’ai pris du poids !»

Gaston Simard espère pouvoir poursuivre ce rythme de vie pendant encore deux ou trois ans.

«Ma santé s’est améliorée depuis le FIFO, dit-il. Quand j’ai arrêté la mécanique, j’étais vidé et brûlé. Je me demande comment je ne suis pas tombé. J’étais le candidat idéal pour un AVC. Depuis le FIFO, je reprends du mieux.»

Quatre autos et une moto

Avec son nouvel horaire et sa meilleure paie, M. Simard profite beaucoup plus de la vie et prend plaisir à gâter les siens. En novembre, il a offert un voyage d’une semaine en République dominicaine à sa conjointe pendant que lui travaillait à la mine.

Et à ses 60 ans, il s’est offert une Harley-Davidson.

«Sans le FIFO, je ne me serais jamais acheté ma Harley, ni ma Camaro, ni ma Cadillac... Oui, j’ai maintenant trois voitures, un convertible et une moto. J’ai tellement usé d’autos ! Maintenant, je regarde dans laquelle il y a de l’essence et je prends celle-là !»

Ce qu’il aime le plus

Gâter sa famille grâce à son revenu.

Ce qu’il aime le moins

Il en a pour deux ou trois jours à récupérer lorsqu’il arrive à ses 14 jours de congé.

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