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Encore des traitements d’électrochocs pour soigner les problèmes de santé mentale

TVA Nouvelles

L'Hôpital Notre-Dame de Montréal a commencé à donner des traitements d'électrochocs à des patients atteints de problèmes de santé mentale, malgré la controverse entourant cette pratique.

Depuis environ trois mois, quatre patients ont reçu de tels traitements à Notre-Dame. Or, quand l'hôpital se trouvait dans le giron du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), les patients étaient plutôt envoyés à l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Du côté de l'Institut, on pratique ce traitement environ 1600 fois par année.

«C'est une pratique qui est très controversée, a expliqué Doris Provencher, directrice générale de l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec. Il y a des personnes qui m'ont dit que ça leur avait sauvé la vie et d'autres qui m'ont dit que ça avait gâché leur vie.»

«Il y a eu un recours collectif aux États-Unis, et ç'a forcé une compagnie qui fabrique les machines à électrochocs à inscrire, dans sa documentation, que ça cause des lésions cérébrales», a renchéri Ghislain Goulet, porte-parole du Comité pare-chocs.

Malgré ces craintes, il y a eu une augmentation de l'utilisation de cette technique sous anesthésie générale depuis une vingtaine d'années.

«Ça ne se fait pas comme dans le vieux temps. Les contractions musculaires, elles sont limitées au bras, parce que le reste du corps est relaxé par un calmant», a expliqué Valérie Tourjman, psychiatre à l'Institut universitaire en santé mentale.

Selon elle, les traitements permettent d'améliorer «certains états, comme la dépression, la manie [et] la schizophrénie réfractaire».

De son côté, le chef du département de psychiatrie de l’Hôpital Notre-Dame défend le recours aux électrochocs. «Il y a des patients qui ont des antidépresseurs depuis très longtemps. Des fois, deux, trois, quatre médicaments en même temps. On donne des électrochocs et 70 % tombent en rémission», a soutenu Cédric Andrès.

En 2003, un rapport demandé par le gouvernement du Québec concluait que les électrochocs sont efficaces en cas de dépression majeure, mais qu'il peut y avoir des états de confusion et des pertes de mémoire après le traitement.