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Justin Trudeau dit non à une déclaration d'impôts unique

Émilie Bergeron | Agence QMI

Le premier ministre Justin Trudeau a fermé la porte à ce que le gouvernement du Québec administre une déclaration d’impôts unique, mardi, s’attirant aussitôt les foudres de François Legault.

«Nous ne sommes pas alignés avec le gouvernement du Québec sur l’idée d’un rapport unique provincial», a dit M. Trudeau mardi matin en mêlée de presse.

Il a argué que la demande du gouvernement Legault, appuyée par les conservateurs d’Andrew Scheer à Ottawa, menace une foule d’emplois dans les centres fiscaux de Jonquière et de Shawinigan.

François Legault a répliqué que son homologue fédéral «devra payer le prix politique» de sa position qui rend selon lui les Québécois «perdants deux fois».

«Un, ils payent pour deux équipes de fonctionnaires qui font la même chose, donc c’est du gaspillage de fonds publics, a-t-il dit en point de presse mardi après-midi. Deuxièmement, ça demande beaucoup plus de travail, autant aux individus qu’aux entreprises de faire deux rapports d’impôts.»

Le premier ministre québécois en a rajouté en insinuant que le gouvernement pourrait changer de couleur à Ottawa aux élections fédérales d’octobre prochain et que le parti élu pourrait être réceptif aux demandes du Québec, notamment sur le plan de l’immigration.

«La plupart des analystes nous disent que probablement que la prochaine élection fédérale va se jouer au Québec. Donc, ça va être très important pour les différents partis qui se présentent à l'élection fédérale de respecter la volonté des Québécois», a-t-il fait valoir à la période de questions au Salon Bleu.

Une motion des conservateurs fédéraux visant justement la mise sur pied d’une déclaration fiscale unique pour les Québécois était d’ailleurs débattue mardi, à Ottawa.

«Nous sommes le seul parti qui pourra concrétiser cette demande du gouvernement du Québec», a soutenu le lieutenant québécois pour les conservateurs, Alain Rayes. Il a du même souffle accusé le gouvernement Trudeau de faire «dérailler le débat» en faisant preuve d’une «attitude paternaliste et centralisatrice».

Les conservateurs n’ont toutefois pas été en mesure d’expliquer comment ils allaient s’y prendre exactement pour arrimer les deux types de déclarations de revenus qui existent actuellement.

La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, a rétorqué que le gouvernement misait sur les investissements dans le maintien d’emplois.

«On est prêts à faciliter la vie des Québécois, mais pas à n’importe quel prix et avec la visière baissée», a-t-elle dit.

Lundi, Ottawa annonçait d'ailleurs qu'un nouveau centre fiscal serait construit à Shawinigan pour remplacer celui qui existe présentement.

- avec la collaboration de Marc-André Gagnon, Bureau parlementaire

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