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Un employeur a demandé la liste de décrocheurs potentiels

Kate Tremblay | TVA Nouvelles 

Quand un employeur demande à des établissements scolaires de leur fournir une liste de potentiels décrocheurs, c'est le signe que la pénurie de main-d'oeuvre frappe fort au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Cette situation s'est produite en novembre dernier.

Le responsable d'une entreprise a contacté la direction d'une école pour lui demander si elle était en mesure de lui identifier des jeunes en difficulté à qui elle pourrait offrir un emploi.

«Nous sommes conscients de la réalité des employeurs, mais c'est important qu'ils fassent le choix de la persévérance scolaire et du développement régional», a indiqué le professionnel en intervention au conseil régional de prévention de l'abandon scolaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Pascal Lévesque.

Cet appel est lancé à quelques jours des journées de la persévérance scolaire qui auront lieu du 11 au 15 février prochain.

M. Lévesque participait mercredi matin à une table ronde sur les enjeux du monde de l'éducation dans le cadre des activités du Cercle de presse de Saguenay.

Tous craignent que cette problématique ait des impacts sur le taux de diplomation des jeunes au secondaire qui est actuellement de 80 pour cent.

«Il y a des employeurs qui vont embaucher des jeunes et qui vont passer une espèce de contrat avec eux sur le nombre d'heures de travail à faire, mais souvent les employeurs ne respecteront pas l'entente, a précisé le psychologue et directeur de l'ÉcolAction, Louis Legault. Ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas gentils, c'est parce qu'ils manquent de monde.»

Au Cégep de Chicoutimi, on mise sur des projets de parrainage avec les entreprises pour pallier à la problématique, mais encore là, ce n'est pas suffisant.

«Dans certains secteurs, on est incapable de fournir à la demande en stagiaires», a expliqué la directrice adjointe au service des programmes et du développement pédagogique, Line Chouinard.

Le centre d'études des conditions de vie et des besoins de la population (ÉCOBES) du Cégep de Jonquière documentent la situation et travaillent activement à trouver des solutions innovantes avec les jeunes et les employeurs.