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200 000$ à ceux qui pirateront un vote électronique

Agence France-Presse

 https://onlinevote-pit.ch

https://onlinevote-pit.ch

La Suisse a lancé jeudi un défi aux hackers qui réussiront à pirater sa nouvelle génération de système de vote électronique, avec à la clé une récompense totalisant 200 000$ CAD.

La Chancellerie fédérale indique qu'un faux scrutin sera organisé du 25 février au 24 mars et invite les génies de l'informatique désireux d'exercer leurs talents à s'inscrire sur le site https://onlinevote-pit.ch.

Ils pourront «tenter de manipuler des suffrages, de lire des suffrages exprimés, de violer le secret du vote et de mettre hors-service ou de contourner les dispositifs de sécurité qui protègent aussi bien les suffrages que les données inhérentes à la sécurité», a-t-elle précisé dans un communiqué.

Le montant de la récompense dépendra de la capacité d'intrusion de chaque hacker.

Le gros lot, de 66 000$, reviendra à celui qui parviendra à manipuler des suffrages de façon indétectable. Violer le secret du vote sera récompensé par 13 000$, tandis que celui qui détruira l'urne électronique remportera 6600$

Les autorités suisses entendent par cet appel s'assurer de la sécurité du système de vote électronique.

Vote par anticipation

Régulièrement sollicités par des référendums et des initiatives populaires qui forment le socle de la démocratie suisse, les électeurs helvétiques préfèrent voter dans leur très grande majorité plusieurs semaines à l'avance par correspondance et de plus en plus par courrier électronique, bien que quelques bureaux de vote soient ouverts pendant quelques heures les jours de scrutin.

Le vote électronique en Suisse est en phase d'essai depuis 2004 dans certains cantons, ces derniers étant responsables de l'organisation des scrutins. Depuis lors, un total de 15 cantons ont permis à une partie de leurs électeurs de voter par voie électronique lors de plus de 300 essais réussis, selon Berne.

Actuellement, 10 des 26 cantons proposent encore le vote électronique en phase d'essai. Mais le gouvernement a lancé fin 2018 une procédure en vue de mettre fin à cette phase d'essai et de «faire du vote électronique le troisième canal de vote». Cette procédure devrait durer au moins deux ans.