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Allégations d’ingérence politique: Justin Trudeau nie tout

Agence QMI

Justin Trudeau nie catégoriquement que quiconque dans son bureau ait fait pression sur l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould afin qu’elle intervienne pour protéger le géant montréalais de l’ingénierie SNC-Lavalin d’un procès criminel pour corruption et fraude.

Ces «allégations sont fausses» a déclaré M. Trudeau, jeudi, lors d’un point de presse près de Toronto.

«En aucun moment, moi ou mon bureau n’avons commandé au procureur général actuel ou antérieur [Wilson-Raybould] de prendre quelque décision que ce soit sur cet enjeu», a-t-il ajouté lorsque questionné à ce sujet par les médias.

Le premier ministre réagissait à un reportage paru jeudi dans le «Globe and Mail», selon lequel Mme Wilson-Raybould aurait refusé de demander au procureur de favoriser un règlement à l’amiable avec SNC-Lavalin.

L’entreprise québécoise voulait éviter un procès criminel pour corruption et fraude concernant des contrats obtenus en Libye de 2001 à 2011.

À la suite d’une enquête de la Gendarmerie royale du Canada, la firme aurait payé des millions de dollars en pots-de-vin à des responsables libyens durant cette période pour obtenir des contrats gouvernementaux.

Andrew Scheer sceptique

Le chef conservateur Andrew Scheer a qualifié «d’extrêmement troublantes» les «allégations d’ingérence» du bureau du premier ministre «dans une poursuite criminelle».

Il demande à Justin Trudeau de «dire immédiatement aux Canadiens ce qu’il savait de cette affaire et à quel moment il l’a su».

M. Scheer a fait remarquer que le démenti de M. Trudeau s’appuyait une courte réponse répétée en boucle, voulant que personne n’eût «ordonné» quoi que ce soit à la ministre.

M. Scheer y voit une déclaration «soigneusement préparée par des avocats» qui démontre que «le premier ministre cache quelque chose».

SNC-Lavalin souhaitait arriver à une entente avec Ottawa, en reconnaissant les fautes de certains de ses employés et en payant des amendes, afin que les accusations criminelles soient abandonnées.

Malgré tout, la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould aurait refusé de faire pression sur les procureurs afin qu’ils s’entendent avec la firme d’ingénierie basée à Montréal. Elle aurait voulu ainsi conserver leur indépendance.

L’ancienne ministre de la Justice a été rétrogradée los d’un récent remaniement ministériel. Dans une longue lettre remplie d’amertume, elle avait souligné l’importance «que notre système de justice soit libre de toute perception d'ingérence politique».

Justin Trudeau s’est aussi défendu des allégations du «Globe and Mail» en soulignant l’importance de la «primauté du droit».