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Les ex-employés de Téo Taxi se sentent laissés à eux-mêmes

Sylvain Larocque | Journal de Montréal

Photo Pierre-Paul Poulin

Les ex-chauffeurs et employés de Téo Taxi déplorent la façon «sauvage» dont l’entreprise a cessé ses activités. Ils ne savent pas quand ils seront payés pour leurs dernières journées de travail.

«On nous avait dit: Ne soyez pas inquiets, vous allez avoir votre cessation d’emploi par la poste et votre dernière semaine de paye», raconte Hugo Trottier, qui était technicien aux infrastructures.

Mais hier, il n’avait toujours rien reçu dans son compte de banque alors que c’était jour de paye.

La situation était la même pour tous les anciens chauffeurs et employés de Téo à qui Le Journal a parlé hier. Les chauffeurs ont été payés jusqu’au 27 janvier, soit deux jours avant l’arrêt soudain des activités. Par contre, les quelque 90 employés administratifs et de soutien de Téo, qui travaillaient pour la société mère, Taxelco, n’ont été payés que jusqu’au 20 janvier.

Dans la lettre de licenciement que les ex-employés ont reçue à la fin janvier, il était pourtant écrit : «Taxelco vous versera votre salaire gagné, mais non encore payé, s’il en est.»

«La pilule aurait passé s’ils ne nous avaient pas menti, dit M. Trottier. On aurait compris. On s’attendait peut-être à la fermeture de Téo, mais pas de façon sauvage de même.»

«Je suis le souffre-douleur»

Selon un document préparé par le syndic de faillite de Téo Taxi, Benoit Fontaine, du cabinet comptable Raymond Chabot, la rémunération impayée aux quelque 455 ex-chauffeurs de Téo s’élève à 2,16 millions $, soit environ 4700 $ par personne en moyenne. Cette somme comprend en principe les salaires, les indemnités de vacances, les primes de rendement et les indemnités de licenciement.

Incapables d’obtenir des réponses auprès du syndic, plusieurs ex-chauffeurs et employés ont contacté le fondateur de Téo Taxi, Alexandre Taillefer. Un ex-répartiteur, Nicolas Péladeau, dit avoir été bloqué par l’entrepreneur sur Messenger.

«Je suis le souffre-douleur et je le comprends, a écrit hier M. Taillefer à un autre ex-chauffeur, Jonathan Chabot. Les employés recevront leur argent, mais ça va prendre quelques semaines. On continue à travailler très fort pour gérer tout ça. Je suis de bonne foi et je l’ai toujours été. [...] Je suis vraiment désolé, croyez-moi.»

Comme les ex-chauffeurs et employés n’ont pas encore reçu leurs relevés d’emploi, ils ne peuvent pas toucher d’assurance-emploi. Leur rémunération impayée est couverte par le Programme de protection des salariés jusqu’à concurrence d’environ 7000$, mais il peut s’écouler 11 semaines avant l’envoi des chèques.

«Entre-temps, je mange et je paie mon loyer comment?» lance Hugo Trottier.

«Licencier plus de 450 personnes de la sorte, ce n’est pas vraiment digne d’une entreprise qui se disait socialement responsable», dénonce un ex-chauffeur qui a requis l’anonymat.

Alexandre Taillefer a indiqué hier au Journal qu’il allait tenter d’accélérer les choses.

«Les employés ne perdront aucune somme», a-t-il assuré.

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