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Sélection des immigrants: François Legault reste confiant

Marc-André Gagnon - Le Journal de Québec

Malgré une double fin de non-recevoir à Ottawa, le premier ministre François Legault reste confiant quant à la possibilité que Justin Trudeau accorde au Québec le rapport d’impôt unique en plus de pouvoirs en immigration.

Peu de temps après le dépôt du projet de loi qui jette les bases de la nouvelle orientation que le gouvernement Legault souhaite prendre en matière d’immigration au Québec, la réponse du palier fédéral n’a pas tardé.

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Après avoir clairement fermé la porte à la possibilité de confier au Québec, le traitement éventuel d’un rapport d’impôt unique, le gouvernement Trudeau refuse maintenant que le Québec impose ses conditions aux nouveaux arrivants pour obtenir la résidence permanence, comme la réussite d’un test de valeurs québécoises.

Ottawa refuse

«Plus d’analyses sur le projet de loi 9 est nécessaire, mais de prime abord, nous ne sommes pas favorables à la réintroduction de la résidence permanente conditionnelle», a signalé le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc.

«On parle de conditionner une résidence permanente, un processus qui n'existe nulle part au Canada présentement», a réagi à son tour le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos.

«Ça va d'ailleurs à l'encontre de l'accord qui existe déjà entre les deux niveaux de gouvernement. Il faut en parler. Il faut en discuter et c'est là qu'il va y avoir une conversation très franche», a-t-il ajouté.

Legault garde espoir

«Moi je suis confiant que M. Trudeau va accepter. Je ne vois pas pourquoi on ne serait pas capable de ravoir un pouvoir qu’on avait déjà», a réagi le premier ministre François Legault, en marge d’une annonce à Beauceville.

«Je garde bon espoir que M. Trudeau va accepter, puis ce n’est pas quelque chose de nouveau», a dit le M. Legault, en rappelant que sa proposition en matière d’immigration s’est retrouvée au cœur de la campagne électorale québécoise, l’automne dernier.

«On a eu un mandat fort en faisant cette proposition», a dit M. Legault.

Le chef caquiste a souligné qu’il s’agit d’abord et avant tout de rapatrier des pouvoirs dans la sélection des nouveaux arrivants qu’Ottawa a déjà confié au Québec en 1993, sous Robert Bourassa.

Il accuse son processeur, Philippe Couillard, et l’ex-ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, d’avoir laissé Ottawa reprendre le contrôle en la matière.

«Donc on veut ravoir un pouvoir que le Québec avait. Il me semble qu’il devrait y avoir un consensus», a dit M. Legault, en réclamant l’appui de tous les partis à l’Assemblée nationale.

«Si M. Trudeau nous empêche d’arriver à cet objectif, il va payer un prix politique», a prévenu une fois de plus M. Legault.

– Avec la collaboration d’Émilie Bergeron et de Guillaume St-Pierre

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