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Une friperie pour combattre la pauvreté à l'école

Patricia Hélie | TVA Nouvelles

Une école secondaire de Louiseville a mis en place un système de friperie pour venir en aide à des jeunes venant de milieu défavorisé qui n'ont pas toujours les moyens de se vêtir convenablement.

26% de la population de la MRC de Maskinongé n'a pas de diplôme et le revenu d'emploi est sous la moyenne régionale. 28 200$ comparativement à 31 800$. Même chose en milieu scolaire: à l'école secondaire L'Escale de Louiseville, près d'un élève sur cinq qui vit sous le seuil de la pauvreté. 21% des mères n'ont aucun diplôme.

Inévitablement, les enfants n'ont pas toujours tout ce dont ils ont besoin, constate Jenny Cloutier, technicienne en éducation spécialisée. «Il y en a qui ont des souliers avec des trous. D'autres n'ont pas de manteau d'hiver, pas de tuque.»

Depuis déjà cinq ans, l'école a mis sur pied une friperie. Pour 5$, on peut s'y habiller de la tête aux pieds.

«Ça vient chercher l'estime de soi des jeunes de dire je me suis acheté quelque chose avec mes propres sous», estime Véronique Beauchamp, enseignante en adaptation scolaire.

Mais parfois, il faut user de subtilité pour convaincre les jeunes d'utiliser les services de la friperie.

«J'ai des vêtements dans mon bureau», confesse Mme Cloutier. «Des manteaux surtout. On cible certains élèves, on vient dans mon bureau, on essaie des manteaux. Ils sont vraiment reconnaissants. Le lien qu'on a avec les jeunes après est vraiment différent. Et ils nous disent merci.»

Au-delà de l'aide financière, la friperie est aussi devenue un plateau de formation pour les jeunes qui s'apprêtent à intégrer le marché du travail. Un plateau dont Mme Beauchamp s'occupe. «Apprendre à classer, à trier, à ordonner des choses. On fait du repassage, on fait du lavage.»

Pour alimenter la friperie, on fait appel aux dons. Dernièrement, Mme Cloutier a lancé un appel à tous pour renflouer les réserves. La réponse a été immédiate. «J'ai eu près de 150 partages. J'ai fait une tournée en auto pour récolter les dons. D'autres sont venus porter des choses chez moi.»

Elle espère d'ailleurs qu'un commerce de Trois-Rivières lèvera la main pour agir comme point de dépôt pour ceux et celles qui veulent faire des dons, ce qui lui éviterait la grande tournée.

Il faut croire que les efforts portent fruit puisque, malgré les embûches, les jeunes de l'Escale ont un excellent taux de réussite aux épreuves ministérielles.