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17 000$ de dommages pour une voisine intolérante

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

Un couple de sexagénaires touchera 17 000 $ après avoir vécu trois ans d’enfer à cause d’une voisine intolérante qui multipliait les plaintes excessives contre eux.

Stress, angoisse, insomnie, renfermement. Voilà ce qu’a enduré la retraitée Ginette Côté, 62 ans, entre 2014 et 2017.

«On a vécu l’enfer. À la fin, je ne vivais plus, je me sentais épiée. Je chuchotais au téléphone, relate l’ancienne résidente d’un triplex de Mascouche. Cette histoire m’a marquée au fer rouge.»

«Chaque fois que je partais, j’étais inquiet. Ça n’a pas été facile», raconte pour sa part son mari, Jean-Pierre Côté, 65 ans. Celui-ci travaille hors du pays.

À l’époque, le couple habitait sous l’étage de Marika Jomphe, une travailleuse autonome vivant seule. Ils ne pouvaient s’imaginer qu’elle deviendrait la cause de leurs malheurs.

On peut par exemple imaginer son désarroi quand Marika Jomphe se plaint du bruit «insupportable» un 24 décembre... à 19 h. Elle a poussé l’excessivité jusqu’à appeler la police à deux reprises ce soir-là.

Le 13 mars 2017, Marika Jomphe a aussi porté plainte pour agression armée contre Mme Côté. Elle a dit avoir été projetée au sol par un bac d’ordures traîné par la dame de 5 pieds, 1 pouce. La pauvre Mme Côté a été mise en état d’arrestation avec une promesse de comparaître, ce qui l’a anéantie, raconte-t-elle.

La Couronne a toutefois abandonné la plainte non fondée.

Plaintes contre tout

La voisine a multiplié les plaintes de bruits -certaines contre les petits-enfants du couple-, les plaintes d’odeurs, en plus d’une plainte de harcèlement à la police. Les voisins, pas plus que les autorités, ne vivaient ces inconvénients.

Le bruit des enfants quelques heures par jour étant considéré comme un inconvénient normal du voisinage, le tribunal a qualifié les plaintes d’«excessives et déraisonnables», qu’elles constituaient des gestes «intolérants et intransigeants» de la part de Jomphe, lit-on dans le jugement rendu le 13 décembre.

Marika Jomphe se dit toujours victime. «Je n’avais pas les moyens de me défendre. Ce jugement est complètement erroné», a-t-elle dit au Journal.

«La condamnation exemplaire du juge démontre la gravité de ce dossier. Un des pires cas de voisinage que j’ai vus», souligne Leila Kadri, avocate du couple.

«Les Côté ont été nos meilleurs locataires. Ce ne sont pas des gens à problèmes», dit le propriétaire Claude Benoît.

Le couple et la femme condamnée n’habitent plus l’immeuble aujourd’hui.