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À 68 ans, il part à la conquête de «l’Everest de la mer»

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

Courtoisie

Désireux de rendre hommage à son épouse décédée d’un cancer du cerveau, un sexagénaire de Drummondville s’apprête à prendre part à une folle course en mer durant un an, afin d’amasser de l’argent pour la recherche.

«Quand ma femme est partie, je me demandais ce que j’allais faire de ma vie. À qui j’allais être utile?», raconte Bertrand Hould.

Le décès en juin de sa compagne des 30 dernières années laisse « un vide incroyable », ajoute cet ancien enseignant en éducation physique.

 

Son épouse Denise a souffert d’une tumeur cérébrale durant un an et demi. L’homme de 68 ans lui a servi d’aidant naturel durant cette pénible période, ce qui l’a forcé à abandonner ses activités.

Hockey, triathlon, Ironman : M. Hould avait tout fait avant cette épreuve. Il s’est d’ailleurs classé au 13e rang dans sa catégorie au triathlon mondial de Cozumel, une île mexicaine, en 2016.

En septembre dernier, sa famille a lancé l’idée qu’il participe au Clipper Round the World Yacht Race.

Il s’agit d’un long voyage de près de 65 000 km sur les différents océans, à bord d’un voilier de 70 pieds. Ces courses par étapes mettant en vedette une douzaine d’embarcations sont suivies par des millions de personnes à travers le monde, selon M. Hould.

L’aventure, qui s’amorcera et se terminera en Angleterre, est si dangereuse qu’on la surnomme «l’Everest de la mer». Des participants y ont même laissé leur peau lors des trois dernières présentations.

La fille de M. Hould avait vu un reportage sur le sujet à l’émission Salut Bonjour, et trouvait que le projet lui siérait bien.

Le rêve en héritage

« Au début, je la trouvais un peu raide. Mais qu’est-ce que je peux laisser en héritage à mes cinq enfants et 10 petits-enfants? C’est d’oser rêver », a-t-il soufflé, très émotif, à l’autre bout du fil.

Il a finalement accepté de relever le défi. Son départ est prévu en août.

M. Hould suivra les traces de Simon Dubois, premier Québécois à avoir réalisé le tour du monde durant cette compétition, l’an dernier.

Pour ce faire, le sexagénaire passe par un processus d’apprentissage exigeant.

Il doit assimiler les méthodes de navigation en haute mer, réussir de multiples examens théoriques, en plus de s’entraîner physiquement durant 10 heures par semaine. Il suivra aussi une formation sur l’eau, en mars.

Cœur en tête

« Sur le voilier, notre valeur sera calculée selon notre capacité à aider l’équipage d’une vingtaine de personnes », a expliqué le futur marin.

Pour financer son périple, il lui a fallu contracter une hypothèque d’environ 100 000 $, qu’il entend assumer.

M. Hould ne fermerait toutefois pas la porte à une compagnie voulant développer un partenariat de commandites avec lui.

Mais ce qu’il aimerait encore plus, c’est de recueillir des dons pour la recherche.

« Je veux donner à la fondation Cœur en tête, pour combattre les tumeurs au cerveau », a indiqué l’aventurier.

Le médecin à la tête de cet organisme est celui qui a suivi sa femme durant son combat.