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Irrésistible Jean-Pierre Ferland

Cédric Bélanger - Le Journal de Québec

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Il n’y avait certainement pas un homme plus heureux dans toute la ville de Québec, samedi soir, que Jean-Pierre Ferland. Qu’est-ce que cet irrésistible charmeur aurait en effet pu demander mieux que chanter ses plus grands succès entouré, comme il l’a proclamé, de « neuf belles femmes, neuf belles voix » ?

Et pas les moindres. Florence K, Yama Laurent, Laurence Jalbert, son amoureuse Julie Anne Saumur, Nanette Workman, Mélissa Bédard, Diane Tell, Luce Dufault et Isabelle Boulay. Neuf grandes voix. Rien de trop beau pour le petit roi.

« Merci, mon Dieu », s’est-il exclamé en se présentant devant le public du Centre Vidéotron, qui était visiblement ravi de célébrer le répertoire d’un de nos plus importants créateurs des cinquante dernières années.

Certes, à 84 ans, Ferland n’a plus l’énergie ni la voix d’antan. On l’a senti parfois hésitant et il a aussi fallu recommencer quelques chansons pour cause de faux départs. Mais son bonheur évident de se retrouver sur scène et sa vaste expérience ont compensé largement ces travers causés par le passage du temps.

Bonheur, vous dites ? Il fallait le voir convoquer ses complices une après l’autre, sans cérémonie, quand c’était leur tour de chanter. « Yama, viens-t’en. » « Laurence, reviens. » «Isabeeeeeeeelle ! » Un ado dans un corps d’octogénaire.

Revigoré

Le spectacle qu’il nous offrait se voulait la suite logique de l’album Toutes les femmes de ma vie, paru l’an dernier et sur lequel des voix féminines, dont toutes celles présentes samedi à l’exception de Laurence Jalbert, venaient lui donner le change.

Ce fut donc l’occasion de réentendre la plupart de ses classiques, devenus intemporels, de même que des pièces rarement jouées devant public comme l’enjouée Les courtisanes, avec Florence K au piano.

Le tout était superbement enrobé par un groupe de sept musiciens additionné d’un quatuor à cordes.

Chancelant d’entrée de jeu sur Le petit roi, Ferland a semblé vite revigoré, comme s’il avait été mis au défi, lorsque jumelé à Yama Laurent et sa voix puissante. Non, il n’allait pas s’en laisser imposer par cette jeunesse à qui il lançait des « vive le showbusiness » bien sentis.

Plus loin, le charisme intact de Nanette Workman a donné une Sing Singhautement sympathique. Autre beau moment, cette danse collée avec sa Julie Anne sur T’es belle. Plus tard, Je reviens chez nous avec Mélissa Bédard avait un effet doux et réconfortant.

Encore mieux, cette frémissante Qu’est-ce que ça peut ben faire, livrée les yeux dans les yeux avec Isabelle Boulay. Sur celle-là, Ferland avait l’air rajeuni de trente ans.

« Folles de moi »

Mais le coquin de Ferland a surtout beaucoup roucoulé. « Elles sont folles de moi », a-t-il lancé quand son amoureuse et Mélissa Bédard ont conclu Que veux-tu que je te dise.

Puis, à Diane Tell qui s’amenait toute de noir vêtue pour chanter avec lui T’es mon amour, t’es ma maîtresse, il a lancé « Êtes-vous le pétard que je pense ? »

C’était du Ferland tout craché. Le Ferland qu’on aime et qu’on souhaite revoir tant le plaisir de passer une soirée avec cet éternel gamin reste intact.