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Incendie mortel: un jeune autiste devient orphelin

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

Une mère aveugle a perdu la vie après avoir aidé son fils de 11 ans à se sauver de l’incendie qui a ravagé un immeuble à logements de Longueuil, tôt hier.

L’enfant, qui est autiste, a dû sauter du troisième étage du bâtiment de 16 logements de la rue Toulouse en plein milieu de la nuit et dans un froid polaire, selon des témoignages recueillis par Le Journal et TVA Nouvelles.

Pressé par sa maman sur le balcon, il s’en est miraculeusement sorti avec un talon cassé.

Ses parents, un couple de quadragénaires, et sa grand-mère, dans la fin soixantaine, ont toutefois connu un funeste sort à cause du feu qui s’est déclaré vers 1 h 15. Leur décès a été constaté à l’hôpital.

«J’ai entendu une femme qui hurlait et l’enfant a sauté. Un monsieur est venu le porter dans mes bras. Le pauvre, je lui ai prêté mon manteau pour le protéger du froid intense et je l’ai installé dans ma voiture le temps que les ambulanciers s’occupent de lui», raconte Sonia Gélinas, de Longueuil.

C’est  par un pur hasard qu’elle se trouvait dans le secteur, puisqu’elle accomplissait une dernière livraison Uber Eats avant d’aller au lit.

«On veut faire quelque chose pour aider, mais on se sent impuissant, raconte-t-elle. Si j’avais pu, je serais montée sauver la dame.»

Selon nos informations, le jeune garçon a été pris en charge par trois autres membres de sa famille.

Météo difficile

La météo a compliqué le travail des 80 pompiers qui ont combattu les flammes.

Les vents puissants, dont des rafales allant jusqu’à 74 km/h, ont contribué à la propagation rapide du brasier. Le froid intense a vite fait de transformer la chaussée en patinoire, ce qui a causé plusieurs chutes chez les membres des différents services d’urgence déployés.

«Ce qui est vraiment le pire dans cette histoire, c’est cet enfant de 11 ans qui est maintenant orphelin. Le reste, c’est du matériel», a témoigné Janick Laroche, qui a tout perdu dans l’incendie.

Outre les trois personnes décédées, 11 autres locataires ont été transportés dans des centres hospitaliers pour traiter diverses blessures, allant de douleurs mineures à de graves brûlures.

Manipulation humaine

Le Service de police de l’agglomération de Longueuil, qui mène l’enquête, ne connaît pas encore la cause exacte du feu. Il a toutefois été déterminé que celui-ci ne provient pas d’une source intentionnelle.

«Ce qu’on sait, c’est que c’est une manipulation humaine qui a pu causer l’incendie, a indiqué le porte-parole Ghyslain Vallières. C’est-à-dire que ce n’est pas quelqu’un qui est arrivé avec une intention de mettre le feu.»

Il n’est pas écarté que des accusations criminelles puissent être déposées dans ce dossier, par exemple pour négligence.

Les enquêteurs ont passé la journée d’hier à analyser la scène et à rencontrer des témoins. Toutefois, certains d’entre eux étaient toujours hospitalisés.

Un appel à la solidarité pour les sinistrés

Le gestionnaire du bâtiment qui a été détruit par les flammes est sous le choc et promet à ses locataires qu’il va tout faire pour les reloger le plus vite possible.

«Un bloc, c’est un bloc, on s’en fout, laisse tomber Omar Guillet. L’important, c’est de relocaliser les gens, que ce soit avec moi dans d’autres bâtiments ou avec mon réseau de contacts. Ils ont juste à m’appeler, on va faire le nécessaire.»

Il explique avoir pris le temps d’appeler chacun des locataires afin de savoir quels étaient leurs besoins les plus criants. Selon lui, seule une poignée d’entre eux était assurée contre le feu.

«Toutes mes pensées vont pour les victimes, elles se trouvent face à rien. Ce n’est vraiment pas facile», poursuit M. Guillet.

Au moins 25 personnes se retrouveraient à la rue après ce violent incendie ayant ravagé le bâtiment de 16 logements, qui est une perte totale.

Démolition

Hier, les autorités procédaient d’ailleurs à sa démolition afin de faciliter le travail des pompiers pour maîtriser complètement les flammes.

Si des gens veulent aider les sinistrés, soit en faisant des dons monétaires, en denrées ou en vêtements, ils sont invités à le faire auprès de la Croix-Rouge, qui a pris en charge les victimes.