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Ils voient leurs rêves jetés à la poubelle

Antoine Lacroix et Vincent Larin | Journal de Montréal

Gracieuseté

La décision du gouvernement Legault de jeter 18 000 dossiers d’immigration non traités à la poubelle, comme le prévoit le projet de loi 9, a suscité déception, colère, incompréhension et indignation chez les personnes concernées qui voient des années d’attente partir en fumée.

Le Journal a reçu plus d’une centaine de courriels de gens originaires de plusieurs pays dans le monde qui ont dit se sentir « trahis » par le Québec, eux qui rêvaient d’un avenir meilleur en venant s’installer ici. Nous vous présentons les témoignages de certains d’entre eux.

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Grogne contre la décision de rejeter 18 000 dossiers

FRÉDÉRIC RICHAND - France

Un couple de Français avait espoir de donner de meilleures opportunités de vie à ses trois enfants en venant s’installer au Québec et espère encore que les 33 mois d’attente ne sont pas tombés à l’eau.

«Ici, tout est encore possible, nos enfants peuvent y accomplir plein de choses. On n’a plus ça en France. C’est extrêmement stressant», laisse tomber Frédéric Richand, qui voulait démarrer une entreprise pour aider la population à mettre en place sa retraite.

«J’ai trouvé que c’était une honte prendre une décision avec autant d’impacts aussi rapidement. On ne peut pas abandonner 18 000 dossiers comme ça. Ça va engendrer des frais importants, c’est extrêmement stressant comme situation à vivre. Je suis en colère qu’on change les règles du jeu, je crois qu’il y avait d’autres solutions que de nous dire: “on sait pas quoi faire de vous, dégagez”. Je n’ai même pas pu encore trouver le courage de le dire à ma petite fille, qui avait si hâte d’arriver au Québec.»

OTHMANE HABSSANE - Maroc

Un jeune technologue en radiation médicale de 27 ans croyait avoir le dossier parfait pour être accepté au Québec, lui qui voulait contribuer à améliorer le système de santé. «Tout me donne envie de venir ici, c’était un projet de vie. Et du jour au lendemain, on m’enlève ça après presque quatre ans... Je ne veux pas abandonner, je veux venir ici», affirme le natif de Casablanca au Maroc.

YOUSSEF KEROUM - Maroc

Un enseignant en informatique du Maroc craint de devoir faire une croix sur son rêve et celui de sa femme d’emménager à Montréal afin de travailler pour de grandes entreprises du jeu vidéo. «Je suis perdu, c’est comme si on me jetait d’un avion en plein vol. Nous étions presque arrivés», lâche celui qui espérait ainsi offrir une vie meilleure à leur fillette âgée d’à peine 20 mois.

TIBERIU KAJTOR - Roumanie

Un entrepreneur en traduction de la Roumanie a mis sur la glace de nombreux projets d’expansion de son entreprise car il espérait pouvoir déménager au Québec. «J’aurais investi plus dans le marketing, j’aurais engagé plus de gens», soutient l’homme de 40 ans. Il était d’ailleurs prêt à changer d’emploi selon les besoins de la Belle Province.

SVITLANA RADETSKA - Ukraine

Gracieuseté

Une Ukrainienne de 32 ans craint d’avoir payé dans le vide pour les études de sa fille dans un lycée français après avoir appris que sa demande d’immigration au Québec était annulée. Elle voulait que sa petite apprenne le français. Son conjoint et elle vivent d’ailleurs encore chez sa mère dans le but d’économiser le plus possible pour leur déménagement. Ils ne comptent plus les sacrifices qu’ils ont dû faire, dont celui de retarder la venue d’un deuxième enfant.

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