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«Pendant que quelqu’un meurt, toi, tu revis»

TVA Nouvelles

À 51 ans, un Québécois vient de subir une deuxième greffe cardiaque qui lui a sauvé la vie. Sylvain Bédard attendait son nouveau coeur depuis près de 5 ans.

TVA Nouvelles l’avait déjà rencontré en 2000, alors qu’il recevait une première greffe cardiaque.

Mais M. Bédard a subi un rejet du greffon, une situation où le donneur réagit à l’organe greffé. Il a pu patienter, mais le temps passant, son état s’aggravait, ce qui l’inquiétait.

 

«J’ai quand même attendu quatre ans et demi, alors ça devient difficile parce que tu sais jamais quand ça va arriver, tu vois le temps passer. Tu vois aussi que tu décompenses, et tu espères que ça va arriver au bon moment», a-t-il confié, lundi matin, rencontré à son domicile de Longueuil.

Il admet avoir eu des sentiments partagés, quand on lui a annoncé la bonne nouvelle de sa greffe à venir.

«Il y a un moment de bonheur, parce que ça fait tellement longtemps, et il y a un moment aussi de tristesse et de réflexion où tu te dis: moi, pendant que je suis très heureux, il y a une famille quelque part qui est en train de vivre quelque chose d’épouvantable. C’est de savoir que pendant que quelqu’un meurt, toi tu revis... Il faut penser aussi à cette famille-là qui est en train de vivre ça», a indiqué Sylvain Bédard.

L’homme s’est dit très reconnaissant, insistant sur le fait qu’il pensait beaucoup aux gens endeuillés pendant qu’on lui offrait une nouvelle chance.

Il a reçu un deuxième cœur en décembre dernier, à l’Institut de cardiologie de Montréal. De 31 médicaments à consommer après la greffe, il est maintenant passé à 21.

L’Institut de cardiologie rapporte que seules neuf personnes ont eu deux greffes cardiaques depuis les années 80 au Québec. On recense un cas où une personne a reçu trois greffes cardiaques.