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SNC-Lavalin: le commissaire à l’éthique déclenchera une enquête

Émilie Bergeron et Guillaume St-Pierre | Agence QMI

Justin Trudeau dit accueillir favorablement la tenue d’une enquête du commissaire à l’éthique sur la possible ingérence politique que son bureau aurait exercé dans le but d’éviter un procès à SNC-Lavalin.

«Je pense que c’est important, étant donné tout ce qui a été dit, que les Canadiens savent qu’ils peuvent continuer d’avoir confiance dans notre système», a déclaré M. Trudeau en point de presse à Vancouver, lundi.

Le Nouveau Parti démocratique a annoncé que le chien de garde de l’éthique du fédéral, Mario Dion, a accepté sa demande de lancer une enquête.

Le premier ministre Trudeau est sur le grill depuis que le Globe and Mail a rapporté la semaine dernière que l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould aurait subi des pressions pour protéger SNC-Lavalin d’un procès criminel pour corruption et fraude.

M. Trudeau a depuis nié à plusieurs reprises que son bureau se soit ingéré dans le dossier au-delà ce qui est permis par la loi.

Durant le point de presse, Justin Trudeau a aussi ouvert la porte à laisser l’ex-ministre de la Justice faire la lumière sur cette histoire qui est rapidement devenue un boulet pour le gouvernement.

Jody Wilson-Raybould garde depuis le début de cette affaire le silence, plaidant le secret professionnel.

«Le secret professionnel n’est pas un enjeu qui est simple. J’ai donc demandé à l’actuel ministre de la Justice de regarder cet enjeu et de me faire une recommandation», a expliqué M. Trudeau.

Un premier député libéral s’est publiquement affiché, plus tôt lundi, en faveur d’une autre enquête, soit celle réclamée auprès d’un comité des Communes.

«Je crois qu’une enquête complète et transparente est nécessaire pour s’assurer que les électeurs de ma circonscription et tous les Canadiens puissent avoir confiance en la véracité des réponses qui ont été données [face aux allégations]», a affirmé un député du Nouveau-Brunswick, Wayne Long, dans une déclaration écrite relayée sur son compte Twitter.

Les conservateurs et néodémocrates réclament une enquête du Comité permanent de la justice et des droits de la personne et dans le cadre de laquelle des témoins clés de l’affaire alléguée seraient interrogés.

La motion en ce sens risque toutefois fort d’être battue par les libéraux étant donné leur majorité au sein de ce comité.

M. Long a souligné avoir été «extrêmement troublé» par les allégations d’ingérence politique, ajoutant que rien de ce qu’il a lu depuis dans la presse n’a permis de dissiper ce sentiment.

Le libéral qui préside le comité de la justice, Anthony Housefather, a assuré dans un micromessage envoyé dimanche qu’il a l’intention de «déterminer de façon indépendante» s’il serait utile que le groupe parlementaire se penche sur la question.

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