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L’argent des Hells et du narcotrafic blanchi à Toronto

TVA Nouvelles

Le 11 février 2019 risque de demeurer marqué dans les annales judiciaires en matière de lutte au blanchiment d’argent au Canada dans le cadre du projet Collecteur mené par la GRC.

Après trois ans d’enquête, la Gendarmerie royale du Canada frappe un grand coup aujourd'hui à Montréal et Toronto en procédant à l’arrestation de suspects liés au crime organisé et aux Hells Angels. L’opération d’envergure mobilise 300 policiers au Québec et en Ontario.

 

Le crime organisé montréalais a mis en place un système pour faire sortir du Québec l’argent acquis entre autres par la vente de drogue et payer ses fournisseurs de stupéfiants par un système extrêmement complexe.

Les courriers quittaient la métropole et se rendaient dans la Ville Reine en voiture vers des bureaux de change de Toronto où l’argent était blanchi, placé à l’étranger ou utilisé pour payer des fournisseurs de cocaïne ou de drogue chimique.

Le réseau qui s’acquittait du blanchiment d’argent est un réseau perse. Ce sont des Iraniens qui se basaient sur un système ancestral, le hawala, où les sommes sont payées entre des individus qui se portent une totale confiance et qui fait que l'argent du crime organisé échappe à toute trace légale.

L’argent, qui sort du Québec, est celui des Hells Angels et de différentes pègres notamment la pègre moyen-orientale. Des dizaines de millions de dollars provenant du narcotrafic sont ainsi blanchis au Canada.

Les suspects arrêtés ce matin par la GRC à Toronto ont été amenés par avion à l’aéroport de Saint-Hubert puis escortés par des agents de police qui les ont conduits à bord de VUS pour d’éventuels interrogatoires au quartier général du Service de police de Laval.

«Les individus arrêtés comparaitront dans la région de Montréal pour faire face à des accusations de complot, gangstérisme ainsi que de trafic et recyclage de produits de la criminalité», précise Geneviève Byrne, porte-parole de la GRC.

Les suspects parmi lesquels figurent au moins une femme sont amenés au Québec, car c’est dans la province que les infractions criminelles auraient été commises.

Près d'une vingtaine d'arrestations sont prévues, dont une douzaine dans la région de Montréal.

«En cours d’enquête, les policiers ont saisi d’importantes quantités de drogue, soit du cannabis, de la cocaïne, du haschisch et de la méthamphétamine. Des sommes d’argent en devise canadienne et étrangère ont été saisies pour une valeur de 1,7 million», fait savoir la GRC.

L'enquête amorcée en 2016 a permis d'établir que des dizaines de millions $ provenant du trafic de drogue ont été blanchis par l'entremise de bureaux de change et placés à l'abri des autorités canadiennes dans des comptes à l'étranger.

En vertu d'ordonnances de blocage judiciaire, plusieurs propriétés appartenant aux têtes dirigeantes du réseau et dont la valeur totalise environ 15 millions $ pourraient être confisquées par l'État, selon nos informations.