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Se protéger contre la séduction au travail et les dérapages

Sébastien Parent | Journal de Montréal

Si trouver l’âme sœur à l’approche de la Saint-Valentin constitue le rêve de beaucoup de personnes, mieux vaut se retenir de séduire maladroitement un collègue de travail ou les clients de l’entreprise.

Cette idylle pourrait causer le congédiement du salarié, comme en témoignent ces trois histoires bien réelles.

Flirter avec des clients

Comme phrase d’approche pour aborder les clientes, un commis d’épicerie leur disait qu’elles avaient de belles fesses et avouait avoir un faible pour les femmes d’expérience.

Il les suivait ensuite dans les diverses allées pour s’enquérir de leur numéro de téléphone et leur proposer une invitation à souper. Pour en ajouter, l’employé posait des questions plutôt indiscrètes du genre «comment ça va au lit avec ton copain?».

Un arbitre de grief maintiendra son congédiement en raison de ce comportement qu’il juge inapproprié et déplacé, d’autant plus que le service à la clientèle et la courtoisie sont des valeurs primordiales pour un supermarché.

Courtiser une collègue

Un directeur de projet d’ingénierie s’éprend d’une technicienne au sein de son équipe. Bien que, dès le départ, elle l’avise qu’elle est en couple, une relation intime finit par se nouer entre les deux durant quelques mois.

Tout bascule lorsqu’il comprend enfin qu’elle ne souhaite pas aller plus loin. Au beau milieu de la nuit, le directeur se présente complètement ivre au domicile de la technicienne pour lui parler. En vain. Il lui laisse un message vocal de mauvais goût et écrit un courriel anonyme à son conjoint pour dénoncer leur relation dans des mots crus, si bien qu’elle déposera une plainte de harcèlement auprès de son employeur.

Le tribunal confirmera le congédiement, car même si les inconduites sont survenues principalement dans le cadre de leur relation personnelle, elles ont eu une incidence préjudiciable sur le climat de travail et constituent une faute grave de la part d’un employé en position d’autorité.

Obsédé par le sexe au travail

Usant d’une approche déficiente pour charmer une compagne de travail, un serveur dans un hôtel tenait des propos obscènes tels que «toi, à soir, tu vas coucher avec moi».

En plus de lui avoir déjà claqué les fesses lors d’une réunion syndicale, il lui demandait à répétition «montre-moi ton kit à 10 000 piasses» en faisant référence aux implants mammaires de cette dernière. À d’autres occasions, il miaulait en la regardant et la léchait dans le cou tout en feignant de lui prendre les seins.

Pour l’arbitre de grief, l’employeur a eu raison de lui imposer un congédiement, puisque ces paroles et gestes déshonorants, humiliants et irrespectueux correspondent à du harcèlement sexuel en milieu de travail.

Le mariage séduction et travail n’est donc pas un gage de bonheur assuré, et pourrait même provoquer un divorce entre le salarié fautif et son employeur.

À RETENIR

- Simple et pourtant, si des gestes ou paroles sont déplacés et inacceptables en société, ils n’ont certainement pas leur place en milieu de travail.

- Le harcèlement psychologique ou sexuel constitue une faute très grave pouvant causer le congédiement immédiat.

- Depuis le 1er janvier 2019, l’employeur a l’obligation de se doter d’une politique claire sur la prévention du harcèlement et sur le traitement des plaintes.

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