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Ève-Marie Lortie: une intervieweuse toujours alerte

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

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TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Ève-Marie Lortie, qui tient les rênes de «Salut Bonjour Weekend» depuis sept ans, a un truc pour garder ses réflexes d’intervieweuse bien aiguisés. «Quand je trouve que je suis trop confortable dans mon métier, j’essaie d’interviewer des enfants, en dehors de mon travail. Faire parler les enfants, c’est ce qu’il y a de plus difficile», lance cette grande admiratrice de Claire Lamarche et Barbara Walters.

«Ça nous force à avoir la question ouverte, à laquelle on ne pourra pas répondre seulement "oui" ou "non", poursuit Ève-Marie Lortie. Si on demande à un enfant s’il a hâte de voir le père Noël, c’est sûr qu’il va répondre oui. Ce qu’il faut savoir, c’est pourquoi...»

Devenue au fil des ans davantage animatrice que journaliste («j’ai franchi le pas», dit-elle), celle qui a commencé comme reporter sur le terrain, en 1996 – elle était alors basée à Québec et a couvert des événements comme la tragédie des Éboulements, la chute du funiculaire du Vieux-Québec et la guerre des motards qui sévissait entre les Rock Machine et les Hells Angels – a ainsi dû adapter son style au gré de l’évolution de ses mandats.

Elle a fait le saut en 1999 comme présentatrice de nouvelles à «Salut Bonjour Weekend», rôle qu’elle a ensuite occupé en semaine, de 2003 à 2012, et a également pris place au pupitre des différents bulletins de LCN.

Or, à «Salut Bonjour Weekend», affirme-t-elle, les téléspectateurs veulent entendre parler non seulement des manchettes de l’heure, mais également «de plein air, d’activités physiques, de recettes, de vin...».

«L’information ne sera jamais très, très loin de moi, mais quand j’ai accepté de devenir animatrice de "Salut Bonjour Weekend", j’ai dû démissionner de mon poste de journaliste, même si je ne pourrai jamais tasser complètement l’information de ma vie. Ça fait partie de moi, c’est un naturel pour moi», résume celle qu’un patron avait jadis surnommée «le sourire de l’information», en raison de son air pimpant.

Deuils et amitiés

En plus de 20 ans au sein de la «famille» de «Salut Bonjour!», Ève-Marie Lortie a vu arriver et partir beaucoup de collaborateurs.

«À chaque fois, c’est déchirant, avoue-t-elle. Tout le monde le dit: le secret de "Salut Bonjour", c’est à quel point on a l’air de bien s’entendre. Mais on n’a pas juste l’air; on s’entend vraiment bien. C’est beaucoup d’amitiés renouvelées, mais il faut aussi être capable de dire à un(e) ami(e) qu’on l’aime assez pour le (la) laisser partir ailleurs et lui souhaiter bonne chance. Mon travail, c’est beaucoup ça. J’ai vécu beaucoup de grandes amitiés professionnelles, et beaucoup de petits deuils en regardant des gens quitter.»

Toujours très attachée à tout ce que représente le rendez-vous matinal de TVA, Ève-Marie Lortie n’hésite pas à clamer que «Salut Bonjour» est son émission préférée. Se réveiller à l’aube ne lui a jamais posé problème non plus.

«J’ai de la facilité à me lever le matin. C’est sanguin, c’est facile pour moi. J’ai de l’énergie pour animer le matin, beaucoup plus que le soir ou l’après-midi. Quand on regarde de vieux extraits de moi qui lis les nouvelles à LCN, le soir, j’ai les yeux petits, je suis fatiguée. Mais, le matin, bien réveillée, ça va merveilleusement bien!»

Bien que comblée par le défi que lui offre encore «Salut Bonjour Weekend», la maman de Corinne, 16 ans, soutient être toujours ouverte à démarrer de nouveaux projets.

«La volonté est là, il ne manque que l’idée, l’étincelle. Je serai toujours dans les émissions de service, mais j’aimerais faire du documentaire ou refaire de la radio. J’aime l’entrevue avec le public, comme le faisait Claire Lamarche. Si un format comme le fameux "talk-show" d’Oprah revenait...», rêve à voix haute Ève-Marie Lortie.