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Fini le masculin qui l'emporte sur le féminin au journal étudiant de l'UQAM

TVA Nouvelles

STOCKQMI-ECOLE

JOEL LEMAY/24H MONTREAL/AGENCE QMI

Le Montréal Campus, journal étudiant de l’Université du Québec à Montréal, a confirmé que le masculin ne l’emporterait plus sur le féminin dans ses textes, dans un éditorial publié plus tôt cette semaine.

Intitulé «L’égalité l’emporte», l’éditorial publié lundi et écrit par Gabriel Bernier évoque la «nécessité» pour le journal étudiant de se doter d’une «politique de féminisation des textes». Ce n’est pas la première fois – ni la dernière – que la rédaction appelée épicène défraie la nouvelle.

Le Montréal Campus avait déjà eu plusieurs débats sur la question, avant de finalement adopter la décision lors d’une assemblée générale, le 9 novembre dernier. Dans l’éditorial, on insiste sur le fait que la politique est vouée «à évoluer selon les discussions et réflexions futures des artisanes et des artisans du journal».

«Le choix qu’ont fait les membres du Montréal Campus, c’est celui de briser les ancrages journalistiques parfois intransigeants au profit d’une plus grande inclusion», peut-on lire dans l’article.

Nouvelles directives

Le Montréal Campus se base sur la prémisse que le français n’est pas une langue paritaire et que le choix de prioriser le masculin sur le féminin dans la grammaire a été pris arbitrairement par des hommes.

En pratique, l’écriture épicène encourage l’abandon du masculin générique au profit d’une représentation égale des hommes et des femmes. À titre d’exemple, «les étudiants» (écrit au masculin générique) devient «la communauté étudiante» (qui regroupe les étudiants et les étudiantes).

Le Montréal Campus va encore plus loin. Dorénavant, les adjectifs et les participes passés accordés comportent une marque du féminin par l’entremise de doublets abrégés, mis entre parenthèses. Par exemple, on lira «les intervenantes et les intervenants consulté(e)s».

L’Office québécois de la langue française ne recommande l’utilisation des doublets abrégés en rédaction épicène que «dans les contextes où l’espace est restreint ou dans les écrits de style télégraphique», notamment dans un tableau.

Pas un geste militant

Le Montréal Campus affirme dans son éditorial que cette féminisation des textes n’est pas un «geste militant», mais plutôt «un grand pas vers l'avant» et «un réveil face aux objections académiques qui freinent depuis plusieurs années le progrès de toute politique de rédaction inclusive».

Se qualifiant de «laboratoire de journalisme», le journal étudiant ne perçoit pas sa démarche comme «expérimentale», mais plutôt comme une «célébration de la pluralité».

Pas nouveau

Le virage vers l’utilisation de la rédaction épicène n’est pas un phénomène nouveau, particulièrement dans les universités du Québec. En mai dernier, l’Université Laval annonçait son intention d’utiliser un «français neutre» dans ses documents institutionnels. Pas question pour l’université cependant d’utiliser des néologismes «dégenrés», comme le suggère un groupe de militants de l’UQAM.

Ceux-ci proposent de carrément d’enlever toutes références au masculin et au féminin dans le discours, laissant place à des termes comme «ceuzes», «heureuxes» ou encore «contributeurices».

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