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La cote de crédit de SNC-Lavalin révisée à la baisse

Agence QMI

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JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Déjà au centre d’une tempête politique à Ottawa, l'entreprise montréalaise SNC-Lavalin doit maintenant faire face à une révision à la baisse de sa cote de crédit par la firme Standard & Poor’s.

La cote de crédit de SNC-Lavalin est passée de BBB à BBB moins, mardi, en fin d’après-midi.

Dans un communiqué, l’agence de notation explique que la modification est en partie due aux révisions à la baisse des prévisions financières (bénéfice et flux de trésorerie) du Groupe SNC-Lavalin pour les deux prochaines années.

«Nous nous attendons maintenant à un flux de trésorerie disponible négatif en 2019, entraînant un ralentissement de l’amélioration du ratio de crédit jusqu’en 2020», peut-on lire dans un communiqué.

En janvier dernier, SNC-Lavalin a surpris les investisseurs en révélant plusieurs mauvaises nouvelles: pertes importantes découlant d’un contrat minier, décision d’arbitrage défavorable concernant un projet en Australie ainsi qu’une radiation de 1,2 milliard $ de sa division pétrole et gaz en raison, notamment, de l’«aggravation» des relations entre le Canada et l’Arabie saoudite.

Mardi, Standard & Poor’s a précisé que les accusations de fraude et de corruption en Libye ainsi que le risque d’un ralentissement potentiel de l’économie mondiale contribuent aussi à cette décote.

«Il y a la possibilité que si l’entreprise est reconnue coupable, elle soit interdite de soumissionner pour des contrats fédéraux accordés par le gouvernement du Canada pour un maximum de 10 années, ce qui affaiblirait sa position concurrentielle au Canada, qui représente une part significative de son activité et de ses bénéfices», lit-on également.

À Ottawa, depuis près d’une semaine, le gouvernement Trudeau est plongé dans une crise politique après des révélations selon lesquelles l'ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, aurait subi des pressions pour faire en sorte qu’une entente soit trouvée afin d’éviter que la compagnie ne subisse un procès pour corruption et fraude.

SNC-Lavalin, qui emploie 52 000 personnes dans le monde, est accusée d’avoir versé des millions de dollars de pots-de-vin à des haut placés du régime Kadhafi en Libye pour y obtenir des contrats entre 2001 et 2011.

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