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La juge fera le procès de l’homme et non pas celui des CHSLD

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Malgré les problèmes criants dans le réseau de la santé, les jurés au procès du Montréalais accusé d’avoir tué par compassion sa femme atteinte d’Alzheimer se sont fait rappeler que leur rôle est de juger un homme, et non pas un système.

«Vous n’êtes pas ici pour changer la loi sur l’aide médicale à mourir, ce n’est pas votre rôle de décider s’il y a assez de soins donnés dans les CHSLD», a rappelé la juge Hélène Di Salvo, mercredi au palais de justice de Montréal.

Depuis un mois, les témoins défilent au procès de Michel Cadotte, 57 ans, accusé du meurtre au deuxième degré de sa femme Jocelyne Lizotte, malade au point où elle ne reconnaissait plus personne.

Elle s’était fait refuser l’aide médicale à mourir en 2016 et, l’année suivante, son mari, qui prenait soin d’elle au détriment de sa propre santé, l’a étouffée avec un oreiller pour mettre fin à ses souffrances.

Pour la défense, Cadotte était dans un état si dépressif que son jugement était altéré le jour fatidique. Ce n’est pas l’avis du psychiatre expert de la Couronne.

Le Dr Gilles Chamberland a maintenu qu’il ne sentait pas que les souffrances de Mme Lizotte étaient si évidentes ni qu’elle souhaitait mourir. Il a toutefois admis n’avoir jamais été informé que des témoins ont affirmé que la femme avait déjà dit préférer mourir plutôt que de perdre ses fonctions cognitives.

Il a également reconnu que Cadotte vivait «sûrement» de l’isolement, tel que ce dernier avait témoigné.

Le procès reprendra lundi avec les plaidoiries des parties.

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