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Sural sous la protection de ses créanciers

Louis Cloutier | TVA Nouvelles

La centaine de travailleurs victimes de la fermeture des usines de Sural de Bécancour et de Victoriaville risquent de ne pouvoir toucher en entier ce qui leur est dû par la compagnie en difficulté.

Comme ils ne sont pas considérés comme des créanciers garantis, ils ne pourront espérer, au plus et en vertu de la loi, obtenir environ 7000 $.

«C'est sûr qu'il y a des travailleurs qui n'ont pas pris leurs vacances. Il y a des paies non encore payées et on ne sait pas s'ils vont les payer la semaine prochaine. Et il y a l'indemnité de cessation d'emploi qui va jusqu'à huit semaines, étant donné qu'ils l'ont su à la dernière minute», a expliqué Alain Croteau, directeur du syndicat des Métallos.

Sural s'est placée mardi sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. La compagnie croule sous une dette de 140 millions $, dont 80 millions en prêts provenant notamment d'Investissement Québec.

Quarante millions de dollars sont dus à l'Aluminerie de Bécancour (ABI) pour des approvisionnements en métal en fusion. Une bonne partie des déboires de Sural provient de sa nouvelle usine de Victoriaville, qui s'est avérée beaucoup moins productive et rentable que prévu.

Les travailleurs de Bécancour sont choqués de cette situation, puisque leur usine à eux était considérée comme performante et rentable.

«On était tous un peu au courant à l'intérieur des murs qu'il y avait un problème à Victoriaville et dans le fond, c'est nous autres, on a embarqué dans le même bateau avec eux et on a coulé avec eux», a déploré Pierre-Luc Pronovost, employé de Sural-Bécancour.

Les documents de cour indiquent que la surtaxe de 10 % imposée par les États-Unis aux importations d'aluminium du Canada a aussi fait mal à Sural.

On fabriquait des tiges d'aluminium à Bécancour et à Victoriaville. Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, déplore la perte d'une entreprise active dans la transformation de métal, un créneau industriel identifié comme porteur d'avenir et payant. «En langage sportif, on pourrait dire qu'à Bécancour on a de la difficulté à en coller deux», a regretté vivement M. Dubois.

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