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CFG Construction déclarée coupable de négligence criminelle ayant causé la mort

L’entreprise CFG Construction est déclarée coupable de négligence criminelle ayant causé la mort de l’un de ses travailleurs en septembre 2012.

Le camionneur Albert Paradis, 50 ans, de Québec, avait perdu la vie sur le chantier des Parcs éoliens de la Seigneurie de Beaupré, après que le camion qu’il conduisait et qui transportait un lourd chargement de pièces de métal à la demande de son employeur eut fait une violente sortie de route dans une pente.

L’état mécanique du camion 12 roues Volvo de type porte-conteneur était au cœur du procès, qui s’est déroulé en décembre 2017 et janvier 2018.

La juge de la Cour du Québec Hélène Bouillon a conclu que la «négligence de haut niveau» de l’entreprise quant à l’entretien et à la réparation du camion a rendu le poids lourd «intrinsèquement dangereux» et que ce dernier n’aurait jamais dû rouler ce jour-là.

Elle a conclu que la conduite «hors norme» de CFG Construction, qui a fait preuve d’une «indifférence» et d’un «détachement face au danger», a mené à la mort d’Albert Paradis.

La famille de la victime présente en salle de cour a poussé un cri de soulagement lors du prononcé du verdict. Tout près, le président de la compagnie, Franky Glode, a encaissé la décision du juge.

«L’omission [de l’entreprise] d’entretenir adéquatement les freins révèle une insouciance déréglée et téméraire à l’égard de la sécurité d’autrui», a tranché la magistrate.

L’inspection mécanique effectuée après l’accident mortel a révélé que la capacité de freinage maximale du camion était de 53% et que le camion présentait 14 défectuosités majeures, toutes reliées au système de freinage, au moment de l’accident.

La preuve a révélé «une absence de rigueur et de professionnalisme» au garage de l’entreprise, «inadéquat et désuet», alors que les dirigeants voulaient faire des «économies de bout de chandelle», dans un contexte de difficultés financières importantes, a noté la juge.

Des plaintes répétées de la victime

Avant sa mort, Albert Paradis s’était plaint régulièrement d’un manque de frein, dont à la direction de CFG Construction, même dans les heures qui ont précédé l’accident.

Il avait dit au téléphone à sa conjointe, tout juste avant la descente funeste : « Si je ne suis pas à la maison à 5h30, c’est parce que je vais être mort ».

Il lui avait expliqué que le mécanicien avait seulement réparé le boyau à pression des freins «avec du tape».

La juge a qualifié le témoignage du président, Franky Glode, de «tout sauf transparent», «en retenue» et parfois même de «contradictoire» sur certains aspects. Glode avait assuré au tribunal que la sécurité de ses travailleurs était importante et que la flotte de camions de CFG Construction était «conforme» et «en bon état», à sa connaissance.

Le président de la compagnie a quitté rapidement le palais de justice de Québec sans s’adresser aux médias. Son entreprise s’expose maintenant à une amende salée. Les représentations sur la peine auront lieu plus tard. Les parties reviennent devant la juge fin février.

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