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Tout le monde a fait son boulot

Hugo Duchaine | Journal de Montréal

Joël Lemay / Agence QMI

Les autorités se préparaient au pire et cela semble avoir porté ses fruits cette fois : la tempête de l’année n’a pas causé la catastrophe tant redoutée dans la région de Montréal, bien au contraire.

Même si près de 40 cm de neige sont tombés en quelques heures, les appels des autorités demandant aux gens de rester chez eux autant que possible et la décision de fermer plusieurs écoles la veille ont fait en sorte que le chaos routier habituel n’a pas eu lieu.

D’ailleurs, le bilan routier ne rapportait que des incidents mineurs dans la région métropolitaine. Seule tragédie rapportée : un homme a perdu la vie au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Les autorités semblent avoir tiré des leçons de la fameuse crise du 14 mars 2017, qui avait laissé 300 automobilistes coincés sur l’autoroute 13 près d’une nuit entière : tant la Sûreté du Québec (SQ) que le ministère des Transports (MTQ) ont déployé des effectifs supplémentaires.

Il y a deux ans, la bordée avait commencé en après-midi, puis la situation s’était rapidement envenimée en soirée.

Même si des camions pris dans la neige avaient bloqué des sorties et que des appels d’automobilistes coincés se multipliaient, les mesures d’urgence n’avaient pas été déclenchées.

Un rapport avait par la suite blâmé sévèrement la gestion du MTQ et de la SQ. La CAQ, alors dans l’opposition, avait critiqué le gouvernement libéral sans ménagement.

Ils ont appris

Clairement, ils ont appris de leurs erreurs, selon Steve Flanagan, expert en gestion de crise et ancien porte-parole d’Hydro-Québec lors du verglas de 1998. Lui aussi avait critiqué les autorités au lendemain de la tempête de 2017.

Côté déneigement, il s’est fait sans interruption sur les voies rapides dès 18 h, mardi soir, et les policiers étaient aux aguets pour s’occuper des entraves potentielles.

Les routes semblaient désertes mercredi soir, notamment au centre-ville de Montréal. Autobus et wagons de métro n’avaient rien des matins et soirs bondés auxquels la métropole est habituée.

«Ce n’était pas du tout comme un mercredi habituel, mais plus comme un samedi matin», remarque le chroniqueur Pierre Olivier, de Radio Circulation 730 AM.

La norme

«Ce qui s’est bien passé [mercredi], il faut que cela devienne la norme pour la gestion des tempêtes hivernales», lance M. Flanagan.

«Il faut s’en réjouir, on s’attend à ça des autorités. On n’a pas à tolérer une efficacité en bas de [ça]», renchérit-il.

D’ailleurs, la tempête de mercredi était « comparable » à celle de mars 2017, selon Simon Legault, d’Environnement Canada. Le service de météo national a d’ailleurs bien fait son travail lui aussi, la tempête s’avérant à peu près conforme à ce qui était prévu.

Le météorologue a noté que de 30 à 40 cm sont tombés sur la grande région de Montréal, entre 18 h mardi et 6 h mercredi, ce qui est «quand même une grosse chute de neige». Mais les vents étaient moins importants.

8 jours de déneigement

Mercredi, certains hôpitaux ont dû réduire leurs activités aux blocs opératoires, en raison de l’absence d’employés. Or, les salles d’urgence demeuraient aussi bondées qu’à l’habitude.

«On dirait que comme on l’avait vu venir, les autorités étaient mieux préparées pour y faire face», a estimé Alexandre Gravel, de Longueuil, rencontré par Le Journal alors qu’il dégageait sa voiture engloutie sous la neige.

À Montréal, le déneigement, bien entamé mercredi, pourrait quand même prendre jusqu’à huit jours et coûter 40 millions $.

Les 40 cm tombés en une nuit représentent plus de 20 % de toute la neige reçue en moyenne pendant un hiver.

De la neige partout

Île de Montréal et Laval | 30 à 40 cm

Rive-Sud | 30 à 35 cm

Rive-Nord | 30 à 40 cm

Basses et Hautes Laurentides | 30 à 35 cm

Haute-Gatineau | 35 à 40 cm

Vaudreuil-Soulanges | 30 à 40 cm

Vallée du Richelieu | 30 à 40 cm

Lanaudière et Mauricie | 25 à 30 cm

Drummondville et Bois-Francs | 25 à 30 cm

Estrie et Beauce | 20 à 30 cm

Région de Québec | 25 à 30 cm (données partielles)

Charlevoix | 30 à 44 cm (données partielles)

Saguenay-Lac-Saint-Jean | 5 à 6 cm (données partielles)

Bas-Saint-Laurent | 15 à 20 cm (données partielles)

 

Source : Environnement Canada, quantités confirmées mercredi soir

– Avec Axel Marchand-Lamothe, Antoine Lacroix, Héloïse Archambault et Sarah Daoust-Braun, Agence QMI