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Crise en Haïti : moratoire immédiat des expulsions

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a mis un terme de façon temporaire aux expulsions vers Haïti, a appris TVA Nouvelles.

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L'Agence a annoncé que les renvois de Haïtiens dont la demande de statut de réfugié a été rejetée ou faisant l'objet d'un ordre d'extradition ont été suspendus jusqu'à nouvel ordre.

L'ASFC impose ce moratoire des déportations pour des raisons humanitaires. La mesure administrative est mise en place jusqu'à nouvel ordre.

«L’ASFC est consciente des répercussions de cette situation sur les personnes concernées. Suite à une décision prise par l’ASFC, en date du 15 février 2019, un sursis administratif aux renvois (SAR) vers Haïti entre en vigueur immédiatement jusqu’à nouvel ordre», a écrit l'Agence dans une déclaration envoyée à TVA Nouvelles.

Le ministère des Affaires étrangères conseille d'éviter tout voyage en Haïti en raison des troubles civils qui sévissent à travers le pays. «La situation en matière de sécurité pourrait se détériorer rapidement. Vous devriez envisager de quitter par des moyens commerciaux tant qu'ils sont disponibles», peut-on lire sur son site. 

Haïti est affligé par de violentes manifestations depuis plus d'une semaine. Au moins sept personnes ont été tuées dans ces contestations depuis le 7 février. Les débordements ont causé d’importants dégâts matériels principalement à Port-au-Prince.

Le Premier ministre Justin Trudeau s'est dit «très inquiet des événements en cours en Haïti», lors d'un point-presse vendredi matin.

Déportation contestée

TVA Nouvelles rapportait jeudi qu'un père et sa fille ont été déportés vers Haïti mercredi malgré le chaos et les violences qui secouent l'île.

Émanes Desjardins et Starch Stefany-Desjardins, 11 ans, devaient quitter le Canada dimanche, mais ne s’étaient pas présentés à l’aéroport en raison des événements actuels.

Ils ont finalement été arrêtés par l’Agence des services frontaliers mardi avant d’être expulsés vers Port-au-Prince mercredi.

En entrevue téléphonique à TVA Nouvelles, le père de famille s’est dit inquiet pour sa sécurité, jeudi.

«Depuis hier [mercredi], je n’ai rien trouvé à boire, pas même de l’eau, même chose pour la nourriture. Tous les magasins sont fermés. Nous n’avons aucune chance, c’est difficile», avait-il expliqué.

Ottawa a pris la décision de fermer temporairement son ambassade à Port-au-Prince en raison des contestations. Affaires mondiales Canada demande à tous les Canadiens d’éviter de se rendre en Haïti.

En point de presse vendredi matin, le premier ministre Justin Trudeau n’a pas voulu dire si le Canada reconnaît toujours la présidence de M. Moïse.

«On est aussi très au courant d’un certain nombre de Canadiens présentement qui sont pris dans le pays et qui veulent revenir au Canada, a-t-il dit. On est en train de travailler à Affaires mondiales et tout notre corps diplomatique pour les aider.»