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Le régime keto: couper le sucre, mais faire attention aux gras

TVA Nouvelles

Le Dr Maurice Larocque a traité l’obésité durant toute sa carrière et il arrive au constat que le régime cétogène peut s’avérer très bénéfique pour les gens, de plus en plus nombreux, qui décident de l’adopter.

L’auteur du livre «L’obésité n’est pas une maladie», pour qui psychologie et physiologie vont de pair, est venu démystifier ce régime, aussi appelé la diète keto, sur le plateau de Denis Lévesque.

Voyez son entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus

Le régime keto est basé sur la réduction de l’apport des glucides dans son alimentation. «Keto, c’est une adaptation naturelle du corps, on appelle ça une cétose, c’est naturel. Et ça veut dire une chose: bas en sucre, souligne-t-il. Un aliment n’est jamais keto, il peut avoir plus de sucre, moins de sucre, plus de protéines, moins de gras... Ce sont nos réserves de gras qui nous servent d’énergie.»

Déjà, dans les années 20, des recherches étaient menées avec le régime keto auprès de personnes épileptiques, rappelle le médecin et conférencier, qui déplore toutefois la «désinformation» entourant la nouvelle vague keto où l’on insiste surtout sur l’élimination des sucres.

Ce dernier aspect est bien sûr positif, insiste le médecin. «Ça donne moins d’inflammation, moins de douleurs arthritiques, plus d’énergie, plus de souffle. On se sent bien, ça coupe l’appétit, si on mange régulièrement. Mais il faut aussi surveiller ses graisses», soutient-il, en citant le contre-exemple de patients qui lui ont dit avoir engraissé de 10 livres après avoir essayé ce régime pendant un mois.

Bien-être et perte de poids

Le régime cétogène procure un bien-être physique et psychologique, «les gens deviennent plus alertes mentalement». Il peut également être suivi dans le cadre d’une recherche de perte de poids. Mais attention, il ne suffit pas de couper le sucre et de succomber ensuite à toutes nos tentations, explique le Dr Larocque. Il faut de plus tenir compte du nombre total de calories ingérées.

«Moi, j’ai commencé à faire des régimes keto au début de ma pratique médicale, dans les années 70, et j’ai évalué et suivi au-delà de 25 000 personnes en état de cétose [dans lequel le corps brûle des graisses à un rythme très élevé].»

Les personnes diabétiques qui s’adonnent à ce régime voient des résultats très rapidement. «La résistance à l’insuline, [c’est] trois jours.»

Par contre, il importe de faire attention à la quantité et à la qualité des gras que l’on consomme. «Aucune étude ne démontre à moyen ou à long terme que c’est bon de prendre autant de gras, met-il d’ailleurs en garde. C’est bien de manger beaucoup moins de sucre. Pour ce qui est du gras, il n’est pas banni complètement, mais ça prend des bons gras, en particulier, les omégas 3», avance-t-il.

Attention aux calories

Légumineuses, viandes (maigres autant que possible), amandes, avocats, saumons et thons: la liste des bonnes sources de gras est plutôt longue. Sans faire des calories une obsession, le Dr Larocque reste pragmatique. «On peut ne pas s’en occuper [des calories], mais 1 + 1 font toujours 2. Ce qui arrive avec le keto, c’est que les gens n’ont pas faim, donc ils mangent moins.»

S’il recommande évidemment la réduction des glucides, il rappelle toutefois la nécessité de contrôler aussi les autres aspects de son alimentation. «Ce n’est pas tout l’un ou tout l’autre», soulève-t-il, en donnant l’exemple des compagnies qui ont élaboré des plats faibles en gras, mais avec une teneur en sucre trop élevé.

Le Dr Mauricie Larocque est catégorique: «Aujourd’hui, maigrir c’est facile. Il y a de bons régimes, comme le keto, qui fonctionnent bien. Mais si on ne change rien dans notre façon de gérer notre stress.... On a parlé du sucre, mais le stress chronique est un [autre] gros facteur.» Changer ses croyances et ses pensées est une clé essentielle du changement, assure-t-il.