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La réforme l'oblige à retourner en France avec son petit garçon

Geneviève Lajoie | Le Journal de Québec

Emmanuelle Robidou, son conjoint et leur petit garçon de cinq ans devront reprendre le chemin de leur France natale au mois d’avril en raison de la réforme de l’immigration du gouvernement Legault.

La femme de 30 ans et sa petite famille sont au nombre des 18 000 dossiers passés à la trappe par le ministre Simon Jolin-Barrette dans le cadre de son projet de loi déposé la semaine dernière.

Après quatre années de démarche pour immigrer au Québec, Mme Robidou admet être «dégoûtée» par la décision de la CAQ. «On n’a plus de solution, mon visa se termine le 30 avril», confie celle qui travaille comme gérante dans une boutique de vêtements pour bébés de Rosemont.

«C’est clair que, si ça ne bouge pas avant qu’on s’en aille, c’est terminé pour nous, le Québec. Je ne peux pas passer mon temps à déraciner mon petit garçon, qui va avoir cinq ans. On quitte la France, on va s’installer au Québec, on quitte le Québec, on retourne en France. Il se refait des amis et on redéménage, ça ne marche pas», insiste-t-elle, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.

Pourtant, Mme Robidou et son compagnon disent avoir tout fait dans les règles de l’art. Venus une première fois en 2010, ils ont été séduits par le Québec. Le couple a donc décidé, en 2015, d’entamer des démarches d’immigration. Victimes du cafouillage informatique de Mon projet Québec, ils ont finalement réussi à venir s’établir ici en 2017 en vertu du Programme Vacances-Travail (PVT).

Peu de temps après leur arrivée, la petite famille a demandé un Certificat de sélection du Québec (CSQ) à titre de travailleurs qualifiés. «On a eu une demande de documents en avril 2018. Ils les ont réceptionnés en mai 2018. Depuis, c’était silence total», précise-t-elle.

Programme expérience québécoise

Le ministre Simon Jolin-Barrette martèle depuis plusieurs jours que personne ne sera expulsé en raison de son projet de loi. Plus encore, il suggère aux candidats à l’immigration qui parlent français et qui sont actuellement sur le territoire québécois d’emprunter la «voie rapide» du programme de l’expérience québécoise, qui doit traiter les dossiers en 20 jours.

C’est justement ce qu’a fait Emmanuelle Robidou en décembre dernier, constatant l’ampleur des délais pour le traitement de son dossier. «J’ai envoyé ça mi-décembre, ils nous ont envoyé un courriel de réception le 3 janvier, et, depuis, silence radio. Notre demande de transfert n’a jamais été traitée», déplore la jeune mère de famille, dont le conjoint travaille comme chef cuisinier.

Elle souhaite encore que le gouvernement bouge et traite à tout le moins les dossiers des gens qui travaillent actuellement en sol québécois. Mais son espoir s’amenuise.

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