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Le proprio du Super Aqua Club admet avoir «écorché des vies»

Le propriétaire du Super Aqua Club de Pointe-Calumet a admis avoir « écorché des vies » et a écopé de quatre ans de pénitencier, hier, en plaidant coupable d’agressions sexuelles sur trois victimes.

«J’ai abusé de la confiance qu’on m’avait portée, j’ai blessé des gens moralement. Mes victimes: des jeunes qui me faisaient confiance. [...] Je suis entièrement responsable de mes gestes fortement répréhensibles», a écrit Réjean Julien Proulx dans une lettre lue avec émotion, dans laquelle il demande pardon aux trois hommes qu’il a reconnu avoir agressés sexuellement alors qu’il était en situation d’autorité.

Avec la détention préventive, Proulx sera derrière les barreaux près de trois ans et deux mois. Il s’agit d’une suggestion commune de la défense et de la Couronne. En se déclarant coupable, il a évité un procès.

«Il donnait des choses pour avoir de l’affection», a résumé la procureure de la Couronne Claudia Carbonneau, précisant qu’il visait de jeunes adolescents qui éprouvaient des difficultés.

Deux des trois victimes de Proulx ont tenu à témoigner des lourdes conséquences des agressions sur leur vie, hier au palais de justice de Saint-Jérôme.

«Maintenant, je manque de confiance en moi, au point de me demander si j’ai le droit de vivre. J’ai essayé de me suicider, ça n’a pas marché», a admis une victime.

Attouchements

En 2017, cet ado a subi des attouchements de la part de Proulx. Le jeune était fortement intoxiqué par l’alcool.

L’accusé, qui a dit dans sa lettre éprouver une « énorme honte », n’a jamais été capable de regarder en direction du jeune homme, fixant plutôt le sol, le visage impassible.

Un autre homme, aujourd’hui dans la fin trentaine, qui a subi des agressions répétées durant les années 1990, a lui aussi avoué avoir dû vaincre des pensées suicidaires.

«Lui, il allait dans les encouragements et l’attention, a raconté le résident des États-Unis qui témoignait par visioconférence. Il savait où aller, il a une intelligence émotionnelle hors du commun.»

Le nom de Proulx, qui a été arrêté deux fois en juin et juillet, sera à perpétuité dans le registre des délinquants sexuels.

Conditions

Il devra aussi respecter une bonne liste de conditions. Durant 20 ans, il ne pourra se trouver à un endroit où on peut se baigner ou un lieu où peuvent se trouver des enfants. Il ne pourra pas se retrouver en position d’autorité ou de confiance avec des jeunes de moins de 16 ans.

La seule exception accordée sera celle de pouvoir être au Super Aqua Club sous la supervision d’une proche désignée par le tribunal tant qu’il en sera propriétaire. Mais selon les discussions tenues devant la cour, il serait sur le point de vendre le parc aquatique des Laurentides.

Selon un rapport psychiatrique, Proulx ne représenterait pas un grand risque de récidive.

Entendu en cour

«Je trouvais que la vie était dure. J’avais pas besoin de ça dans ma vie. À c’t’heure, c’est pire.»

– Une victime de 2017

«J’ai encore honte et je ne pense pas que ça va arrêter. J’avais 14 ou 15 ans, je n’étais pas capable de prendre mes propres décisions. J’ai été manipulé.

– Une victime des années 1990

«Vous êtes un individu avec une histoire de vie bien triste, ayant vous-même été victime d’attouchements dans le passé. Vous avez amorcé des démarches thérapeutiques et vous êtes repentant. [...] Vous avez agi dans un contexte particulier, les victimes étaient dépendantes de vous, sous votre autorité.»

– La juge Sandra Blanchard

«Le désir de me libérer, de parler a été plus grand, j’ai tout avoué. Je n’avais aucune intention de me défiler, de faire porter le blâme à personne d’autre que moi.»

– Réjean Julien Proulx

 

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