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Manifestation de solidarité envers le peuple haïtien

Agence QMI

Une manifestation de solidarité envers le peuple haïtien s’est déroulée samedi après-midi devant le Consulat général d’Haïti à Montréal.

Une trentaine de personnes y ont pris part, dont Frantz André, qui est coordonnateur du Comité d’action pour les personnes sans statut. En entrevue sur le plateau de LCN, avant l’événement, il est revenu sur la décision du gouvernement fédéral d’imposer un moratoire sur les expulsions en Haïti. Il a qualifié cette décision de «sage» et dit qu’il «applaudit le fait qu’on ait mis une suspension aux renvois ou aux expulsions».

 

Le moratoire a été décrété vendredi, soit deux jours après la médiatisation de l’expulsion d’un père et de sa fille de 10 ans vers Haïti depuis l’aéroport Montréal-Trudeau.

M. André s’inquiète toutefois que le moratoire soit de courte durée. «Ce que nous, on demandait en fait, c’est un moratoire à long terme, car la situation en Haïti est loin d’être une situation qui va se corriger dans les prochains jours, semaines et mois».

«Je pense que le gouvernement canadien est totalement au courant de ce qui se passe au moins depuis le mois de juillet, avec la flambée des émeutes sur la question de l’augmentation des prix de l’essence. Il y a eu aussi des massacres au mois d’octobre et de novembre. On avait arrêté temporairement les expulsions, mais on a recommencé ne serait-ce que quelques jours après», a-t-il ajouté, en appelant le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau à «être conséquent avec la réalité de ce pays».

Pour marquer son point, à savoir que le Canada est au fait de la situation difficile qui prévaut en Haïti, Frantz André rappelle que l’ambassade canadienne de Port-au-Prince a été fermée et que les Canadiens sont priés de ne pas se rendre dans la perle des Antilles.

La manifestation de samedi après-midi est tenue, selon M. André, «en appui aux revendications légitimes d’un peuple qui souffre».

«Il y a des gens en Haïti qui sont considérés comme des nantis, mais ils n’arrivent même pas à sortir pour aller acheter de l’eau et de la nourriture, alors imaginez une population qui est dans la misère [...].»

Selon lui, accueillir des gens mal pris pour ensuite les expulser est «totalement inhumain».

«On crée de l’espoir et en même temps on l’enlève. Beaucoup de gens retournent plus pauvres que quand ils ont quitté Haïti», a dit M. André.

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