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Pénurie d’enseignants et de suppléants à Montréal

TVA Nouvelles

Le gouvernement a-t-il les moyens de ses ambitions avec son projet de maternelle 4 ans? Il va falloir de nouveaux professeurs et le Québec en manque déjà.

À Montréal, la situation est à ce point critique que certains élèves n'ont pas d'enseignant stable depuis le début de l'année.

«Actuellement, on demande l'impossible aux enseignants», déplore la présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, Catherine Renaud.

Cette dernière est catégorique; la fin de l'année scolaire s'annonce périlleuse dans les écoles.

«À ce stade-ci de l'année, on est rendus à la fin de la deuxième étape: la fatigue s'est accumulée et on craint bien sûr que d'autres enseignantes et enseignants tombent au combat et, finalement, prennent congé, souvent pour épuisement professionnel», explique-t-elle, en entrevue avec TVA Nouvelles.

La pénurie d'enseignants se faisait déjà sentir depuis la rentrée scolaire. Le personnel accumule les remplacements; des suppléants se relèvent pour occuper les fonctions de titulaire de classe.

«Ça prend des suppléants, on n'en a pas, lâche Mme Renaud. Quand on n'en a pas, ce sont les enseignants qui restent à l'école qui doivent suppléer. Donc, en plus de leurs tâches déjà difficiles, ils doivent aller remplacer leurs collègues qui sont absents.»

Déjà, à quelques mois du retentissement de la cloche qui sonnera la fin des classes,le découragement se fait sentir.

«Ça va être encore excessivement difficile, prévoit l’enseignante. Déjà, il y a un niveau de détresse alarmant chez les enseignantes et les enseignants. Puis on se demande, pour l'an prochain, à quoi ça va ressembler.»

«Embauche perpétuelle»

«On est dans une embauche perpétuelle, explique Catherine Harel-Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal. Il n'y a jamais un arrêt de notre service des ressources humaines.»

La commission scolaire admet qu’il y a un manque à combler et indique être obligée de composer avec les 2000 nouveaux élèves accueillis cette année.

«Vu qu'il y a plus d'élèves, on a besoin de plus d'enseignants», soulève Mme Harel-Bourdon, mentionnant du même coup que les baisses de ratios élèves/enseignant entraînent une hausse des besoins en personnel.

Pour la formation et le recrutement, il y a urgence d'agir : selon les prévisions du ministère de l'Éducation, les commissions scolaires devront embaucher 3000 enseignants supplémentaires pour les écoles secondaires d'ici cinq ans.

-D’après le reportage de Cassandre Forcier-Martin

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