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Poursuivie pour 25 000$ parce qu'elle a critiqué une compagnie

Alex Drouin | Journal de Montréal 

Chantal Poirier / Journal de Montréal

Une femme de l’Estrie est poursuivie pour 25 000 $ parce qu’elle aurait critiqué, lors d’un souper entre amis, une compagnie qui faisait affaire avec son employeur.

Lors d’un repas en février, Taraneh Sépahsalari, directrice générale à la Régie de récupération de l’Estrie, une entreprise de Sherbrooke qui exécute des contrats pour Recyclage Ricova, aurait médit contre cette dernière, selon une poursuite déposée au palais de justice de Sherbrooke le 25 janvier.

Mme Sépahsalari «a invité à souper des employés de Recyclage Ricova [...] et leur a fait part [...] que la compagnie arrangeait les chiffres pour que cela fasse leur affaire», peut-on lire dans le document.

La femme travaille à Sherbrooke où se trouvent des salariés de Recyclage Ricova, mais elle n’aurait aucun lien d’autorité sur eux, allègue la poursuite.

D’autres propos

Au cours des mois qui ont suivi le repas, la directrice générale en aurait ajouté en mentionnant à des employés qu’une personne de la compagnie Recyclage Ricova « trafiquait les chiffres et que cela prenait du temps » pour le faire, poursuit-on dans le document de cour.

Ces propos auraient été portés à la connaissance des patrons de Recyclage Ricova en juin.

«Elle a dit de mauvaises choses à notre sujet et a essayé de nous faire du mal», a indiqué un travailleur de Recyclage Ricova, qui a préféré garder l’anonymat.

Contactée par Le Journal, Mme Sépahsalari s’est contentée de mentionner que « cette poursuite était bidon ».

Recyclage Ricova réclame 20 000 $ à Mme Sépahsalari pour atteinte à sa réputation et 5000 $ pour dommages moraux.

Peut-on être poursuivi pour avoir «parlé dans le dos» de son employeur ou d’une compagnie avec laquelle on est lié lors d’un souper ou d’une fête ?

«C’est possible, mais quand même rare. Je ne connais qu’une seule décision sur le sujet. Au final, la personne qui poursuit devra faire la preuve de la faute et de la preuve du préjudice, fait savoir l’avocat spécialisé en droit du travail, Frédéric Poirier. De nos jours, il faut toujours faire preuve de prudence et personne n’est à l’abri.»