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Québec ouvre une enquête interne sur Nexolia

Charles Lecavalier | Journal de Québec

Le gouvernement Legault va ouvrir une enquête interne pour faire la lumière sur une transaction financée en totalité par de l’argent public qui a permis à Nexolia d’acheter et de revendre à profit une usine de pâtes et papiers à Lebel-sur-Quévillon.

«Ce n’est pas une bonne transaction», a laissé tomber le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon, mardi, à l’entrée du caucus caquiste.

Le Bureau parlementaire a révélé que le gouvernement Couillard avait largement financé l’achat, en 2016, d’une usine de pâtes et papiers par Nexolia, une entreprise qui s’est vite enrichie en la revendant moins de deux ans plus tard le double du prix, près de 32 M$.

Le projet initial prévoyait toutefois la destruction pure et simple de l’usine de pâtes et papiers pour ne conserver qu’une centrale de cogénération par biomasse produisant de l’électricité. Elle a finalement été revendue à Chantiers Chibougamau, qui veut relancer la production de pâtes.

En période de questions, le ministre Fitzgibbon a déclaré être «très préoccupé» par la situation. A-t-il déjà vu des projets soutenus à 100 % par Investissement Québec? «Non, et ça n’arrivera plus», a-t-il laissé tomber.

Inacceptable

«On a besoin de pâte kraft [pâte à papier] au Québec. L’usine de Lebel-sur-Quévillon peut en faire. Je pense que, d’avoir eu l’idée de démanteler une usine comme celle-là, c’est inacceptable», a-t-il ajouté. Il connaît bien les installations construites par Domtar puisqu’il a déjà travaillé pour cette entreprise.

Le ministère de l’Économie a confirmé au Journal qu’il savait que Nexolia «avait conclu un contrat avec un ferrailleur pour le démantèlement du complexe industriel, en excluant l’usine de cogénération». Cette usine a pourtant une valeur très importante, s’est indigné M. Fitzgibbon. «Aujourd’hui, c’est une usine qui est en demande. Il y a beaucoup d’opérateurs qui souhaiteraient la rouvrir. On regarde ça attentivement», a-t-il dit.

Il est d’ailleurs en discussions avec Chantiers Chibougamau, qui demande une aide d'Investissement Québec.

Contrat payant

Le «Journal de Québec» révèle également que Nexolia, au moment de la vente, a réussi à conserver un juteux contrat énergétique lié à l’usine de pâtes et papiers.

Ce contrat de 28 MW fixé à près de 12 cents le Kwh et indexé appartient toujours à Nexolia et a été déménagé dans la ville de Chapais, où l’entreprise a acheté une autre usine de cogénération. Vicky Lavoie pourra engranger des revenus de près de 800 millions de dollars sur les 25 prochaines années.

En période de questions, le Parti québécois a demandé au gouvernement Legault de carrément annuler ce contrat.

Le ministre de l’Énergie Jonatan Julien a répliqué qu’il ne pouvait déchirer un contrat signé provenant d’un programme d’achat d’énergie de 2011 et qu’il avait les mains liées.

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