/news/politics

Fin de la tutelle pour l’Ordre des ingénieurs du Québec

Philippe Orfali | Journal de Montréal

 - Agence QMI

Simon Clark/Agence QMI

Plus de deux ans et demi après être devenu le premier ordre professionnel à être placé sous tutelle, l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) se débarrasse de cette épée de Damoclès.

Discrètement, la ministre de la Justice du gouvernement Legault, Sonia LeBel, a en effet levé la mise sous administration de l’Ordre, mercredi. Pourtant, pas plus tard qu’à l’été, sa prédécesseure libérale Stéphanie Vallée jugeait que bien du travail restait à faire pour restaurer la confiance du public face à cette profession écorchée par les accusations de corruption et de collusion.

« Les progrès significatifs réalisés par l’Ordre permettent de croire à un redressement durable de l’organisation. [...] Il est raisonnable de croire que la mission de protection du public sera dorénavant bien remplie », a indiqué la ministre pour expliquer sa décision.

En 2016, l’OIQ avait réussi l’exploit peu enviable de devenir le premier ordre à être placé sous tutelle par Québec, en raison de nombreux problèmes de gestion qui plombaient l’organisme.

La ministre de la Justice de l’époque, Stéphanie Vallée, avait souligné que la succession de crise à l’interne de l’Ordre faisait en sorte que celui-ci n’était même plus en mesure de faire le suivi de toutes les plaintes déposées contre ses membres.

Le rapport final de la commission Charbonneau affirmait notamment que l’OIQ avait fait preuve de laxisme face à des fautes graves portées à son attention.

Le gouvernement Couillard avait donc désigné trois administrateurs qui avaient pour tâche d’approuver chaque décret pris par le conseil d’administration de l’Ordre.

En observation

Depuis, un plan de transformation interne a été mis en place, soutient la présidente, Kathy Baig.

« Le gouvernement voulait un changement de culture profond, et ça ça prend longtemps à s’opérer », explique-t-elle en entrevue, pour justifier la tutelle de près de 30 mois.

Aujourd’hui, 73 % des Québécois auraient confiance en la profession, un chiffre que Mme Baig juge « bon ».

Tout n’est toutefois pas terminé, puisque l’Ordre demeure en observation par l’Office des professions du Québec, qui devra rendre un rapport à la ministre de la Justice l’an prochain.