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Les «croque-glaces», un achat critiqué

Yves Poirier

 - Agence QMI

Pour la première fois depuis l’acquisition d'une dizaine de «croques-glace» par la Ville de Montréal au coût unitaire variant entre 18 000 et 35 000 $, le Syndicat des cols bleus a dénoncé leur achat.

«En fait, les "croque-glaces", pour nous, c’est une belle bébelle de relation publique, a laissé tomber Hans Marotte, conseiller principal du Syndicat des cols bleus de la Ville de Montréal, en entrevue à TVA Nouvelles.

Selon lui, ces appareils ont été achetés à la hâte. «Ils fonctionnent bien si nous avons les conditions idéales. Or, les conditions idéales n’existent pas. Il faut que la glace soit d’une certaine épaisseur. Sinon, ça abîme les trottoirs. Il faut que la glace soit égale. Par exemple, dans un aéroport, où il y a un stationnement, ça fonctionne très bien. Mais dans les conditions actuelles, ce n’est pas réaliste», a détaillé M. Hans.

«Ce que ça prend, c’est de la planification, des ressources et de l’efficacité. Malheureusement, Montréal est difficilement gérable. Donc, le vrai problème, il est là», a poursuivi le représentant syndical.

La compagnie de Victoriaville qui fabrique les «croque-glaces» a tenu à défendre son produit en affirmant qu’il rend la surface de la glace adhérente, aidant ainsi à prévenir les chutes de piétons.

Le responsable du déneigement au comité exécutif, Jean-François Parenteau, a aussi répliqué.

«Premièrement, les "croque-glaces" ne sont pas une bébelle de relation publique. Il s’agit vraiment d’un outil efficace qu’on rajoute sur le terrain pour venir défaire la glace. Présentement, c’est le meilleur à part ce qu’on appelle le "grader" ou la niveleuse. Le constat qu’on fait sur les croque-glaces, c’est qu’on ne l’utilise pas de la même façon d’un arrondissement à l’autre. Nous sommes en mode apprentissage. Certains l’utilisent très bien, d’autres ont encore de la difficulté. Il y a de l’ajustement», a-t-il expliqué

Le «IceEater» à la rescousse du «croque-glace»?

Par ailleurs, certains arrondissements montréalais testent une nouvelle machine pour briser la glace sur les trottoirs, a appris TVA Nouvelles.

Le «Ice Eater», une invention de Steve Charbonneau et de son père, se vend 35 000 $. La technologie de cet appareil, qu'il doit être attelé à un tracteur, est basée sur des couteaux en rotation qui broient la glace, contrairement aux croques-glace qui ont recourt à un rouleau muni de pics qui perforent la glace.

M. Charbonneau a testé son appareil mercredi après-midi dans les rues de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles en compagnie de cols bleus.

«Notre appareil est muni de trois couteaux qui fonctionnent à 2500 tours par minute qui transforment la glace (jusqu’à quatre pouces d’épaisseur) en neige. Lorsque l’appareil avance sur la glace, ça vient la broyer pour laisser derrière lui un tapis de neige», a expliqué l’inventeur de Mirabel.

En réaction, Jean-François Parenteau ne ferme pas la porte aux nouvelles technologies.

«C’est certain que nous avons de l’ouverture face aux projets pilotes parce que Montréal évolue. Nous sommes ouverts à toutes les solutions qui peuvent améliorer les conditions des trottoirs lors des épisodes de glace», a-t-il dit.

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