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Projet Authier de mine au lithium: une étude du BAPE exigée

Pascal Dugas Bourdon | Agence QMI

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Joël Lemay / Agence QMI

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale et plusieurs groupes de la société civile ont fait front commun, mercredi, pour exiger la tenue d’une étude du Bureau d’audience publique sur l’environnement (BAPE) concernant le projet Authier de mine au lithium, en Abitibi-Témiscamingue.

La légitimité du projet est contestée par plusieurs groupes parce que la mine se trouve à proximité de l'esker de Saint-Mathieu-Berry, dont la qualité de l’eau potable est reconnue.

Selon Rodrigue Turgeon, porte-parole du Comité citoyens de la protection de l'esker Saint-Mathieu-Berry, le projet dépasse le seuil de 2000 tonnes de minerai extraites chaque jour, ce qui devrait l'assujettir de facto à la procédure d'évaluation du BAPE.

«On ne comprend pas pourquoi le ministre tarde à se saisir du dossier. C'est des informations qu'il a en sa possession depuis plusieurs mois», a indiqué M. Turgeon, lors d’un point de presse organisé à l’Assemblée nationale, mercredi.

Pour sa part, la députée de Québec solidaire dans Rouyn-Noranda, Émilise Lessard-Therrien, a déploré l’attitude de la minière australienne Sayona dans le dossier.

«On est des gens fiers et on ne se laissera pas passer un sapin par une multinationale qui maquille ses chiffres pour échapper au BAPE. Je ne sais pas comment ça marche en Australie, mais ici, au Québec, l'acceptabilité sociale, ça ne vient pas en option, c'est une obligation», a-t-elle indiqué, lors du même point de presse.

Le ministre se défend

Questionné en chambre par le Parti libéral et Québec solidaire, le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, n’a pas exclu l’implication du BAPE, mais sans rien promettre.

S’il reconnaît avoir le pouvoir de demander qu’une étude soit menée par l’organisme public, le ministre a dit préférer attendre que ses fonctionnaires effectuent le travail.

«Nous allons respecter la procédure d'évaluation [du ministère de l’Environnement] qui, normalement, devrait susciter l'adhésion de chacun et de chacune dans cette chambre».

Le ministre a précisé avoir jusqu’à la fin mars pour trancher sur la question.