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Transport de la neige: difficile de trouver des camionneurs à Montréal

Sarah Daoust-Braun | Agence QMI

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Joël Lemay / Agence QMI

La métropole a dû faire face à un manque de camions pour transporter la neige pendant le chargement de la dernière fin de semaine, une situation exceptionnelle qui pourrait se répéter dans les prochaines années si l’industrie n’a pas assez de relève, selon le courtier de camionnage qui fait affaire avec la Ville de Montréal.

Une quinzaine de camions n’étaient pas au rendez-vous dans les arrondissements de Montréal-Nord, du Sud-Ouest et de Ville-Marie ce week-end. C’est la première fois depuis le début de l’hiver que la métropole fait face à ce genre de problème, attribuable aux 40 cm de neige à ramasser, selon le responsable du déneigement, Jean-François Parenteau.

«C’est vraiment la grosse tempête, a-t-il soutenu. On se retrouve avec de longues heures de travail, et à un moment le camionneur doit arrêter. Quand il arrête, le bassin de camions accessibles n’est pas infini.»

600 camions

La Ville fait affaire cette année avec Transvrac, un courtier en camionnage et association sans but lucratif, qui regroupe et fournit des camionneurs en vrac aux arrondissements qui mènent leurs opérations de déneigement en régie.

Transvrac a envoyé lors du week-end 600 camions dans 11 arrondissements et trois villes liées. «Quand on parle de 15 camions sur une possibilité de 600, je trouve que la moyenne est bonne», a commenté le directeur général Richard Forest, reconnaissant devoir faire face à des pénalités.

Montréal a l’intention d’imposer Transvrac, mais on ne pouvait préciser le montant de l’amende. «Pour chaque heure où le volume n’est pas atteint, la pénalité est de 10 $ par mètre cube manquant», indique-t-on dans l’entente entre la Ville et Transvrac.

M. Forest a expliqué que le manque de camions a, entre autres, été causé par des bris sur certains véhicules, des camionneurs malades et les dispositions de la loi 430, qui impose un temps d’arrêt obligatoire.

«[Les chauffeurs] ne peuvent pas travailler jour et nuit. Et, nous autres, on ne veut pas qu’ils travaillent jour et nuit pour pas qu’il y ait un risque d’accident avec les citoyens. Pour Transvrac, c’est très important», a-t-il soutenu.

Malgré la pause de la loi 430, Jean-François Parenteau estime que le courtier devrait s’ajuster en conséquence. «Il doit prévoir pendant une pause d’autres camionneurs parce que nous, on n’arrête pas. Montréal, on roule», a-t-il lancé.

Manque de relève

Pour Richard Forest, le «gros problème» reste le manque de relève dans le secteur du transport par camion. «Plus ça va aller, plus on va manquer de camions parce que les jeunes ne viennent pas dans ce métier-là», a-t-il affirmé.

Transvrac dit préparer un plan pour tenter d’attirer davantage de jeunes chauffeurs de camion.

«Plus tard, dans une couple d’années, si ce n’est pas réglé, il va falloir que les citoyens vivent avec le fait que ça puisse prendre 15 jours [charger] la neige parce qu’il n’y en aura plus de camions», a averti M. Forest.

Chantiers

Plus largement, la multiplication du nombre de chantiers sur l’île pourrait aussi avoir un effet, alors qu’il y a peu de soumissionnaires pour les appels d’offres de transport, selon Montréal.

«Présentement, nous peinons à trouver des camionneurs pour le transport de la neige. Nous devons garantir des heures, sinon ces derniers préfèrent travailler sur un autre projet à plus long terme... Et ce n’est pas les gros chantiers qui manquent», a écrit M. Parenteau dans un billet sur le déneigement publié dimanche sur Facebook.

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