/regional/montreal/montreal

Jouer aux pisteurs de coyotes dans la neige

Francis Pilon

 - Agence QMI

Joël Lemay / Agence QMI

En raison d'une augmentation du nombre de signalements de coyotes dans l’est de Montréal, une équipe de la Ville de Montréal chargée d’observer les comportements de ces bêtes s'est rendue sur place, accompagnée par le «24 Heures».

Après avoir traité plus de 1300 signalements de coyotes depuis juin 2017, Montréal a ouvert pour la toute première fois mercredi les portes de l’univers de ses employés qui pistent ces bêtes normalement discrètes.

Récemment, une recrudescence du nombre de signalements de coyotes a été constatée du côté de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Vingt-sept appels concernant des coyotes dans l’est de la ville ont été faits depuis juin 2017, dont la moitié seulement au cours des deux derniers mois.

Les observations de ces bêtes ont été faites près de la carrière de la compagnie Lafarge et du parc Carlos-d’Alcantara, à l’est de l’autoroute 25 et au sud de l’autoroute 40.

L’escouade de la Ville s’est donc rendue au parc Carlos-d’Alcantara pour y installer de l’équipement de surveillance.

Durant l’exploration, un biologiste et un pisteur ont trouvé un passage à travers une clôture brisée qui formait un entonnoir entre le parc et une carrière par où les coyotes circulaient.

Une caméra a été installée à cet endroit. Grâce à elle, les spécialistes pourront observer s'il y a bel et bien une augmentation du nombre de coyotes qui circulent dans le secteur.

Traces fraîches

Plusieurs empreintes fraîches dans la neige montraient que ces bêtes étaient passées par cet endroit mercredi matin. Leurs traces sont semblables à celles des chiens, mais différentes en raison des marques de griffes au bout des coussinets et par les lignes droites que les coyotes font en se déplaçant, a expliqué Frédéric Bussière, biologiste pour la Ville de Montréal.

Des campagnols morts, laissés aux abords des sentiers, semblaient être leurs dernières victimes.

«C’est plus facile de les suivre quand c’est l’hiver avec les traces dans la neige», a souligné M. Bussière qui juge qu'éventuellement, il faudra «mettre des caméras à des endroits stratégiques».

Selon ce dernier, il suffit qu’une seule personne nourrisse un coyote pour que les conflits se créent entre les résidents, les animaux domestiques et la faune.

«Dans toutes les grandes villes américaines, la cohabitation et la sensibilisation sont les méthodes à adopter avec ces animaux. C’est surtout important que les coyotes n’associent pas humain et nourriture. C’est dans ces moments qu’ils peuvent devenir dangereux. Il ne faut pas les nourrir», a soutenu le biologiste.

Près de 18 000 avis ont été distribués dernièrement pour sensibiliser les citoyens du quartier à la cohabitation avec les coyotes, selon M. Bussière.

Filmé et bientôt géolocalisé

Marc-André Fortin, président de GPF-Faune, une entreprise spécialisée en gestion de la faune, a été mandaté l’année dernière par Montréal pour pister les coyotes dans la métropole.

«Quand il y a beaucoup de signalements, on vient voir la zone et faire du pistage comme au parc Carlos-d’Alcantara. À partir de là, on regarde si, effectivement, il y a des traces de coyotes et on voit comment ils se déplacent. S’il y en a, on vient ensuite installer des caméras pour observer leurs comportements et étudier le terrain», a expliqué M. Fortin.

La Ville prévoit bientôt réaliser des suivis par GPS grâce à des colliers installés sur les coyotes qui se détachent automatiquement après deux années et qui permettront de suivre de près les déplacements ou les comportements des animaux.

Éventuellement, des projets de marquage sur certains coyotes potentiellement agressif sont aussi prévus, selon le biologiste.

Même si la Montréal veut favoriser la coexistence avec les coyotes, des animaux dangereux sont capturés quand les campagnes d’effarouchement ne fonctionnent pas.

Au moins 19 personnes et une vingtaine de chiens ont été mordus par des coyotes depuis juin 2017 à Montréal. Aucun être humain n’a été attaqué depuis l’été dernier dans la métropole.

Des conseils pour cohabiter avec les coyotes:

- Ne pas les approcher et les nourrir.

- Ne pas nourrir les animaux domestiques à l’extérieur et garder les ordures sans accès pour la faune.

- Garder les chiens en laisse dans les parcs et circuler sur les sentiers aménagés.

- Gardez les chats à l’intérieur, surtout la nuit.

- Habituer les enfants à ne jamais aller près des animaux sauvages.

Si on croise un coyote:

- Garder son calme, et lui laisser l’espace pour s’enfuir.

- Se donner un air imposant en levant ses bras s’il ne part pas ou qu'il a une réaction agressive.

- Faire du bruit ou crier pour lui faire peur.

- Lancer des objets dans sa direction, mais sans le viser directement afin de ne pas le rendre plus agressif.

- S’éloigner en reculant lentement et en gardant un contact visuel avec lui. Éviter de lui tourner le dos et ne pas courir.

- Composer le 911 en cas d’urgence.

Source : Ville de Montréal – Cohabiter avec le coyote à Montréal