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Forcé de démolir sa maison de 750 000 $

TVA Nouvelles

Un homme qui s'est fait construire la maison de ses rêves à Saint-Sauveur, dans les Laurentides, est maintenant forcé de la démolir.

«Ma vie est ruinée depuis trois ans», lance Étienne Bibeau.

La maison de 750 000 $ a été érigée sans permis dans une pente trop abrupte.

La Ville de Saint-Sauveur, qui a récemment intenté une poursuite contre le propriétaire, exigeait la démolition de la demeure. Elle vient d’avoir gain de cause dans le dossier.

«J’ai voulu trouver des solutions avec la Ville, mais je pense qu’ils sont bloqués», ajoute M. Bibeau.

Le jugement, dont TVA Nouvelles a obtenu copie, le confirme. Le Tribunal, en date du 15 janvier 2019, «ordonne au défendeur de procéder à la démolition complète de la bâtisse et ses accessoires érigés sur l’immeuble [...] au plus tard le 31 août 2019.»

«Je suis rendu à des 70 000$ de frais d’avocat», souligne le propriétaire.

Un promoteur qui devait s'occuper de tout?

Étienne Bibeau a fait affaire avec un promoteur pour ce projet. Michel Fecteau gère Fecto Concept, une entreprise qui se dit spécialisée en acquisition de terrains vagues. Selon M. Bibeau, le promoteur devait s’occuper de tout, incluant le permis.

«Il m’a fait rêver, dans le fond, déplore le propriétaire. J’avais besoin de m’accrocher à un projet.

M. Bibeau croit en outre que la Ville ne s’attaque pas à la bonne personne dans ce dossier.

«Nous autres, c’est avec M. Bibeau qu’on fait affaire, souligne Jacques Gariépy, maire de Saint-Sauveur. Je suis prêt à le croire, mais je ne peux pas croire n’importe quoi. [...] Il y a une solution, c’est que la maison soit déménagée.»

Passé trouble

Michel Fecteau est bien connu dans les environs. La municipalité de Saint-Côme, dans Lanaudière, a déjà eu quelques problèmes avec ce promoteur dans les dernières années.

«Si vous saviez comme ça ne me surprend pas! déclare le maire Martin Bordeleau. On a eu une construction d’une bâtisse ici à Saint-Côme sans permis.»

Pour sa part, Michel Fecteau dit être victime d’une «campagne de salissage».

«Il a signé un document comme quoi il était auto-constructeur, plaide-t-il. Mais non, c’est du salissage, ça. On veut me tasser.»

Étienne Bibeau, lui, se dit victime d’acharnement de la part de la Ville. Il compte porter le jugement en appel.